À la une des journaux ivoiriens de ce mardi, un Parlement qui redémarre en fanfare, des partis politiques travaillés par des tensions internes, une filière cacao toujours dans l’impasse, et le football africain rattrapé par ses propres règles. Revue de presse.
La presse ivoirienne est quasi unanime ce matin du mardi 20 janvier 2026 : Patrick Achi est bel et bien de retour au centre du jeu politique. Élu avec près de 85% des voix, le nouveau président de l’Assemblée nationale a ouvert, lundi, la première session ordinaire de la législature 2026-2030.
Le Jour Plus parle d’une “rentrée des classes dans l’allégresse et la convivialité”, dans un hémicycle plein, sous le regard du vice-président de la République, des chefs traditionnels et du corps diplomatique. “La République en marche !”, claironne Liberté, en gros titres.
Tout feu tout flamme
Dans Le Rassemblement, Patrick Achi est présenté “tout feu tout flamme” « Le temps de la Grande Côte d’Ivoire est venu », y lance l’ancien Premier ministre, promettant d’y travailler “farouchement”, avec des députés “envoyés au charbon”.
« Une grande Assemblée ne se proclame pas, elle se construit », ajoute Le Mandat, qui estime que le nouveau PAN “imprime sa marque”.
Le Matin va plus loin dans le détail. On y lit que « La Grande Côte d’Ivoire exige un grand Parlement », qu’« Une grande Assemblée se construit par la fluidité des échanges avec le gouvernement ». Et surtout, un chiffre : 24 projets de loi déjà sur la table.
Mais Le Quotidien tempère l’enthousiasme. « Après avoir remplacé Adama Bictogo au perchoir, les grands défis qui attendent Patrick Achi», titre le journal, qui estime que le Fils de la Mé est attendu sur le pluralisme, le contre-pouvoir et le contrôle de l’action gouvernementale.
Justement, la question du contre-pouvoir s’invite dans le débat. Le Bélier s’interroge sur « la question du contre-pouvoir dans un hémicycle dominé par un seul camp », tandis que Notre Voie alerte : « 197 députés du RHDP à l’Assemblée nationale : qui entendra la voix de l’Opposition ? »
Autre grand sujet du jour, le retard dans la nomination du nouveau Premier ministre. Le Nouveau Réveil parle de “grandes manœuvres” et de “deux visions” qui auraient bloqué le choix, alors que l’annonce était attendue quelques heures après la cérémonie parlementaire. Une attente qui nourrit spéculations et tractations en coulisses.
Tensions, fractures et malaise
L’unité affichée au Parlement lundi contraste toutefois avec les tiraillements internes dans les partis. Au PDCI, L’Avenir parle de « députés qui réclament des comptes » à Simon Doho sur la gestion des fonds du groupe parlementaire.
Échos de la République évoque carrément « trois clans en bataille d’influence » au sein du parti au pouvoir. Nouveau Réveil souligne aussi « ces piques à Bictogo qui trahissent le grand malaise ». Générations Nouvelles annonce même l’exclusion de députés élus hors étiquette du RHDP.
La Tribune s’interroge quant à elle sur la stratégie du PPA-CI, estimant que « le boycott est une impasse ». « Le PPA-CI veut négocier avec un pouvoir qu’il ne reconnaît pas », se moque Aujourd’hui.
Le cacao dans la tourmente
Changement de registre, mais même gravité. La crise du cacao s’impose dans les colonnes. Aujourd’hui annonce sans détour que “la vente (est) encore bloquée.”
Le Sursaut parle de “galère des producteurs”, dénonçant une absence de solutions concrètes de l’OIA et du Conseil café-cacao. Le SYNAP-CI annonce même une manifestation nationale dès le 21 janvier, annonce à sa Une le quotidien.
Face à la grogne, L’Expression assure que le président Ouattara a donné « des instructions fermes », avec « un nouveau dispositif ».
« Toute la production sera achetée », titre le Patriote, relayant la promesse du DG du Conseil café-cacao, Yves Brahima Koné. Reste à savoir quand et à quelles conditions, répondent les producteurs.
Une finale de CAN rejouée ?
Enfin, le sport. Super Sport revient sur la finale électrique de la CAN 2025, marquée par le retrait momentané des Lions de la Téranga après un penalty accordé au Maroc. Le journal y voit « la leçon des Lions de la Téranga aux Éléphants ». Mais au-delà du terrain, une question : que disent les règlements ?
L’article 64 du règlement de la CAN est clair à ce propos. “Si, pour n’importe quelle raison, une équipe se retire de la compétition ou ne se présente pas à un match, hormis les cas de force majeure admis par la Commission d’organisation ou refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire du match sans l’autorisation de l’arbitre, elle sera considérée perdante et sera définitivement éliminée de la compétition en cours”, peut-on lire. Une règle qui pourrait peser lourd dans les débats et les décisions à venir alors que la Fédération marocaine annonce saisir les instances africaines et internationales suite à l’incident.



