
L’édition 2025 de la conférence KNext Abidjan, placée sous l’égide du ministère de la Transition numérique et de la Digitalisation, a réuni décideurs publics, entreprises et experts de la cybersécurité autour d’un constat : la transformation numérique accélérée du pays, portée par l’automatisation et la généralisation des outils connectés, expose désormais tous les secteurs à des attaques sophistiquées et persistantes.
Infrastructures industrielles : Des cibles de choix
Les chiffres avancés par Kaspersky Security Network sont révélateurs. 20 millions de tentatives d’attaques tous vecteurs confondus, 7,5 millions liées à l’usage d’Internet, 550 000 exploitant des failles logicielles, 60 000 tentatives de vol d’identifiants, 120 000 portes dérobées implantées à distance, et 10 000 attaques à visée financière sur les applications bancaires et les services de paiement. Ces menaces, longtemps cantonnées à la sphère des données, touchent désormais la continuité même des opérations, avec des conséquences qui peuvent aller jusqu’à l’interruption de service ou le sabotage.
L’un des points saillants de la conférence a été la mise en lumière de la vulnérabilité croissante des infrastructures industrielles. En 2024, 37 % des ordinateurs industriels en Côte d’Ivoire ont été la cible de logiciels malveillants, un taux parmi les plus élevés du continent africain.
Ce sont désormais les systèmes de supervision industrielle, les réseaux de gestion d’énergie et d’eau, les processus automatisés de production et les interfaces connectées aux systèmes IT traditionnels qui se retrouvent en première ligne. « Ces infrastructures, souvent vitales au bon fonctionnement du pays, sont désormais exposées aux mêmes logiques de vulnérabilité que le reste de l’environnement numérique. Mais les conséquences d’une attaque sur ces systèmes peuvent être bien plus lourdes : interruption de service, sabotage, atteinte à la sécurité physique, voire danger pour les opérateurs », a souligné Gladys Salmouth, responsable Communication Corporate Afrique de l’Ouest et Centrale chez Kaspersky.
Une nouvelle culture de la cybersécurité
Face à cette montée en puissance des menaces, les experts réunis à Abidjan appellent à un changement de posture. Il ne s’agit plus seulement de réagir, mais d’anticiper, de comprendre et d’organiser la résilience à tous les niveaux. Pour beaucoup, la cybersécurité doit devenir un levier de compétitivité durable pour les entreprises ivoiriennes. Les recommandations formulées lors de la conférence vont dans ce sens : déploiement de solutions spécialisées pour une visibilité accrue sur les systèmes industriels et les points d’entrée critiques, politique stricte de gestion des accès, sauvegardes régulières et distribuées des données, et surtout, renforcement de la formation des collaborateurs pour faire face aux menaces de phishing, d’ingénierie sociale et de compromission ciblée.
Kaspersky, déjà engagée dans des partenariats avec des acteurs régionaux et internationaux, mise sur une approche collaborative et territorialisée. L’idée est de bâtir une cybersécurité adaptée aux réalités locales, en s’appuyant sur l’innovation technologique, la gouvernance et la culture du risque. Si la menace cyber évolue et se complexifie, la réponse s’organise, portée par la prise de conscience des acteurs publics et privés. Le défi sera de taille, mais la dynamique enclenchée à Abidjan laisse entrevoir une volonté commune de faire de la cybersécurité un pilier du développement national.


