Le La première rencontre entre négociateurs iraniens et américains depuis des années s’est tenue samedi 12 avril à Mascate, au Sultanat d’Oman. Les échanges directs ont été limités à des formules de politesse. Après deux heures et demie de discussions via le ministre omanais des Affaires étrangères, les deux camps ont affiché un ton apaisé et constructif.chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a salué une ambiance « constructive et basée sur le respect mutuel », tandis que la Maison-Blanche évoquait une discussion « positive et constructive ». Le conseiller américain Steve Witkoff a même estimé que cette communication directe représentait « un pas en avant pour atteindre un objectif mutuellement bénéfique ».
Un nouvel accord nucléaire en téléchargement douce
Cette première basique visait surtout à poser les fondamentaux des échanges plus approfondis en vue d’un nouvel accord sur le programme nucléaire iranien. Abbas Araghchi a affirmé à la télévision d’État : « Nous cherchons un accord le plus vite possible, bien que la conclusion d’un deal ne sera pas facile. » Le président américain Donald Trump a de son côté déclaré : « Je pense qu’elles vont bien. Rien n’importe avant que ça soit fait. »
La prochaine réunion entre les deux pays est prévue pour le samedi 19 avril. D’après Esmail Baqaei, porte-parole de la diplomatie iranienne, seuls le dossier nucléaire et les sanctions seront abordés. Téhéran souhaite obtenir un allègement des mesures économiques, la libération de milliards de dollars gelés à l’étranger et la fin des pressions sur les acheteurs chinois de pétrole iranien. En échange, l’Iran serait prêt à revenir aux niveaux d’enrichissement de l’accord de 2015.
Selon une source citée par la chaîne al-Jazeera, les deux délégations ont élaboré un document listant les points à aborder et les lignes rouges de chacun. Pour Washington, l’objectif est d’éviter la militarisation du programme nucléaire, tandis que Téhéran refuse tout démantèlement complet. Fait notable : aucune menace militaire n’a été formulée par les États-Unis, un signe d’ouverture salué par les responsables iraniens.
L’Ayatollah Khamenei ouvre la voie à la diplomatie
La rencontre à Mascate a été précédée de semaines de tractations internes côté iranien. Le président Massoud Pezeshkian, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le chef du pouvoir judiciaire Gholam-Hossein Mohseni-Eje’i auraient convaincu le guide suprême Ali Khamenei d’autoriser des discussions indirectes avec les États-Unis, selon le New York Times. Ce revirement, motivé par les risques d’un conflit régional et les conséquences économiques, a été facilité par une lettre de Donald Trump transmise via Abou Dhabi le 12 mars.
Quelques jours avant la réunion, Pezeshkian déclarait même que Ali Khamenei ne s’opposait plus à des investissements américains en Iran, un tournant inédit. Ce signal a renforcé l’ouverture iranienne à des mécanismes de contrôle stricts sur l’enrichissement d’uranium, tout en excluant les missiles balistiques du champ des négociations. Le guide suprême se serait néanmoins dit prêt à discuter des activités régionales de Téhéran, y compris de son influence auprès des Houthis.
Trump vise un accord historique et le Nobel de la paix
De son côté, Donald Trump joue la carte diplomatique avec des visées très politiques. Le président américain souhaite éviter une guerre dans la région qui impliquerait des soldats américains, tout en se positionnant comme artisan de la paix. Il rêve d’un prix Nobel, tout en poursuivant sa guerre commerciale contre la Chine. Dans cette stratégie d’équilibriste, Trump tente aussi de rassurer l’Arabie saoudite, soucieuse de la stabilité régionale, alors même qu’un accord de normalisation avec l’Iran a été signé en mars 2023.
La prochaine réunion entre les deux pays est prévue pour le samedi 19 avril. D’après Esmail Baqaei, porte-parole de la diplomatie iranienne, seuls le dossier nucléaire et les sanctions seront abordés. Téhéran souhaite obtenir un allègement des mesures économiques, la libération de milliards de dollars gelés à l’étranger et la fin des pressions sur les acheteurs chinois de pétrole iranien. En échange, l’Iran serait prêt à revenir aux niveaux d’enrichissement de l’accord de 2015.
Le lieu du prochain round n’a pas encore été dévoilé. Une source citée par Amwaj évoque une ville européenne, tandis que la médiation d’Oman se poursuivra. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, toujours signataires de l’accord de Vienne, ont été consultés. L’Union européenne affirme qu’« il n’y a pas d’alternative à la diplomatie ». La menace de réactiver le mécanisme du « snapback » pour restaurer les sanctions de 2015 semble difficilement applicable sans l’aval des partenaires russe et chinois, également signataires.
Pékin et Moscou ont d’ailleurs encouragé l’Iran à sortir de l’impasse par la négociation. Avant son arrivée à Mascate, Steve Witkoff s’est rendu à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine. Le dossier iranien a été discuté, signe que les grandes puissances suivent de près ces tractations.



