
Après la chute de Bachar el-Assad, dans tout le pays, les proches des prisonniers libérés affluent vers les centres de détention, espérant retrouver les disparus. La prison de Saydnaya, située à une trentaine de kilomètres de Damas, attire des foules immenses. Certains attendent désespérément des nouvelles, d’autres célèbrent des retrouvailles poignantes, empreintes de soulagement et d’incompréhension.
Des corps marqués par l’horreur
Les détenus libérés de Saydnaya présentent des conditions de santé alarmantes. La malnutrition, les cicatrices de torture et les traumatismes psychologiques sont autant de témoignages d’années passées dans l’un des centres de détention les plus inhumains au monde. Un ancien détenu, encore sous le choc, a partagé son expérience. « Nous étions 54 promis à l’exécution aujourd’hui. C’est un miracle que je sois ici pour raconter cette histoire », a-t-il confié, la voix tremblante.
Dans les rues de Damas, les survivants avancent à tâtons. Certains, méconnaissables, ne peuvent prononcer leur nom. D’autres, comme Ibrahim el-Aïssa, expriment leur soulagement d’avoir échappé à un demi-siècle de répression. « Depuis cinquante ans, Assad massacre et emprisonne nos fils. Aujourd’hui, nous retrouvons enfin une lumière d’espoir. »
Malgré la libération des prisonniers, le bilan reste accablant. Depuis 2011, la « révolution syrienne » a entraîné l’arrestation de plus de 136 000 personnes, dont des milliers de femmes et d’enfants. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), plus de 100 000 d’entre elles auraient trouvé la mort sous la torture ou dans des conditions de détention inhumaines. À Saydnaya, environ 30 000 prisonniers ont été enfermés depuis 2011, mais seuls 6 000 d’entre eux ont été libérés. Pendant ce temps, les familles massées devant les prisons espèrent encore des miracles.
À la recherche des disparus
Les Casques blancs, groupe de secours connu pour ses interventions humanitaires, fouillent les ruines à la recherche de cellules cachées. Munis de capteurs et accompagnés de chiens, ces volontaires travaillent sans relâche pour retrouver d’éventuels survivants. « Nous mettons toute notre énergie dans ces recherches, mais pour l’instant, aucune preuve n’a confirmé la présence de détenus dans ces labyrinthes souterrains », a déclaré Raed Saleh, leur chef, sur la plateforme X.


