À Elokaté, dans la sous-préfecture de Bingerville, le litige foncier opposant la chefferie à la société ZARA Entreprise connaît un nouveau rebondissement.
Lundi 13 octobre 2025, Akré Danho Mickaël, porte-canne du Nanan du village, a officiellement annoncé le rejet du compromis évoqué par l’entreprise et exigé la restitution intégrale des terres querellées .
Un appel a été introduit
Ce différend, qui s’étend depuis plusieurs années, concerne de vastes parcelles situées dans la sous-préfecture de Bingerville. Selon la chefferie, ces terres auraient été acquises de manière irrégulière par ZARA Entreprise. Le porte-canne a indiqué qu’un appel a été introduit le 2 octobre dernier auprès du troisième cabinet d’instruction du Pôle pénal économique et financier d’Abidjan, contestant une ordonnance de non-lieu rendue dans une affaire où plusieurs personnes sont poursuivies pour faux, usage de faux, escroquerie présumée à 100 milliards de FCFA et blanchiment de capitaux.
Dans une affaire où il ya du faux, on n’arrange pas, on annule
Akré Danho a précisé que cette ordonnance n’a jamais été notifiée au Nanan, mais cela ne constitue pas, selon lui, un obstacle juridique à la procédure d’appel. Il a déclaré une approche judiciaire privilégiée le compromis au détriment de la vérité. « Dans une affaire il ya du faux, on n’arrange pas, on annule », at-il déclaré, critiquant la méthode du juge d’instruction Aboya Jean-Claude, qu’il accuse d’avoir encouragé une négociation plutôt qu’une annulation pure et simple des actes contestés.
La chefferie d’Elokaté remet également en cause la légitimité des signataires du protocole d’accord présenté par ZARA Entreprise. Selon Akré Danho, le Nanan n’a jamais autorisé cette initiative et ne reconnaît pas les conclusions de cette rencontre. Il évoque par ailleurs des tensions internes au sein de la chefferie, accusant certains individus d’avoir outrepassé leurs prérogatives traditionnelles.
Mise en garde
Dans un message prévu aux opérateurs économiques, le porte-canne a mis en garde contre toute acquisition foncière dans le village avant la décision définitive du tribunal. « Tant que le verdict n’a pas été rendu, toute tentative d’achat de terrain à Elokaté est prématurée », a t-il averti.
Pour la chefferie, ce dossier illustre la difficulté persistante de concilier droit coutumier et droit écrit dans la gestion foncière en Côte d’Ivoire. Le Nanan exige la restitution totale des terres à la communauté et affirme sa détermination à poursuivre la bataille judiciaire jusqu’à la reconnaissance pleine et entière de ses droits coutumiers.



