06062026Headline:

Présidentielle au Cameroun : L’impatience des résultats divise, Issa Tchiroma en fait son profit

Légalement, les Sages du Conseil Constitutionnel ont 15 jours pour publier les résultats officiels de la course au fauteuil présidentiel. Un délai long et agaçant pour Issa Tchiroma Bakary qui continue de crever l’abcès. L’enfant prodige de Garoua fait de cette attente son champ de prédilection. Ce lundi 27 octobre, les Camerounais retiennent leur souffle. Dans l’attente des résultats officiels de la présidentielle du 12 octobre dernier, le pays vit au rythme d’une tension palpable.

Dimanche, la situation s’est particulièrement tendue dans plusieurs grandes villes, à l’appel du candidat Issa Tchiroma Bakary, candidat très manifeste et très impatient. L’opposant, qui affirme avoir remporté le scrutin, a appelé ses partisans à manifester pacifiquement pour réclamer « la vérité des urnes ». Une journée de mobilisation qui n’a pas été sans heurts.

Une mobilisation visible dans le Nord et à Douala
Dès la matinée de dimanche, l’ambiance était électrique dans les régions septentrionales, bastion traditionnel du candidat du Front pour la Salut National du Cameroun (FSNC). À Garoua et à Maroua, des milliers de sympathisants ont investi les artères principales. Brandissant des portraits de leur leader, ils ont défilé en chantant, créant une atmosphère de ferveur. La ville de Kondengui a également connu une forte affluence. Mais c’est dans la capitale économique, Douala, que les événements ont pris une tournure plus grave. Dans des quartiers populaires comme New Bell, Dakar ou Bonamoussadi, des centaines de jeunes sont sortis pour répondre à l’appel. « Nous sommes là pour qu’on entende notre voix. Le peuple a parlé, il faut respecter son choix », explique un manifestant. Les forces de l’ordre étaient déployées en nombre, surveillant les mouvements de foule.

Quatre morts et des interpellations
La manifestation a dégénéré en fin d’après-midi dans le secteur de l’aéroport et à New Bell. Les autorités locales ont fait état d’affrontements. Dans un communiqué, le gouverneur de la région du Littoral a annoncé un bilan lourd : quatre personnes ont perdu la vie et plusieurs autres ont été blessées. Selon son récit, de jeunes assaillants, « sous emprise de stupéfiants et animés par un esprit criminel », auraient tenté de prendre d’assaut un commissariat de police et une brigade de gendarmerie. Des enquêtes ont été ouvertes pour déterminer les circonstances exactes de ces incidents. Parallèlement, le ministère de l’Administration territoriale a communiqué un chiffre concernant les interpellations : 106 mesures administratives ont été prises à travers le pays. Le dispositif de sécurité, renforcé pour la nuit, devait rester en vigueur jusqu’à la proclamation officielle des résultats par le Conseil constitutionnel ce lundi matin.

C’est dans la capitale économique, Douala, que les événements ont pris une tournure plus grave. Dans des quartiers populaires comme New Bell, Dakar ou Bonamoussadi, des centaines de jeunes sont sortis pour répondre à l’appel

A Yaoundé, une ville en calcul métré
Contrairement à d’autres métropoles, la capitale Yaoundé avait connu une journée relativement calme. Toutefois, en début de soirée, des rassemblements et des mouvements de foule ont été signalés dans les quartiers de Mokolo et Tsinga, non loin du palais présidentiel. Les forces de l’ordre sont rapidement intervenues pour disperser les groupes et prévenir tout débordement. Alors que la nuit s’annonçait longue, l’attention était braquée sur le Conseil constitutionnel. La décision de cette institution est très attendue, dans un contexte où le candidat Issa Tchiroma Bakary persiste à se dire vainqueur. La proclamation des résultats officiels, attribuant un huitième mandat à Paul Biya avec 53,66% des voix selon la commission électorale, pourrait ne pas apaiser les esprits. Les partisans de l’opposant affirment leur détermination à poursuivre le mouvement jusqu’à ce que leur « vérité » soit reconnue. La communauté internationale observe avec une attention particulière cette phase critique pour la stabilité du Cameroun.

 

 

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