Après cinq mois de détention au Groenland, Paul Watson, célèbre militant écologiste, a retrouvé la liberté ce mardi 17 décembre. Le Danemark a rejeté la demande d’extradition du Japon, marquant une étape décisive dans le combat de ce défenseur de l’environnement. À 74 ans, Watson se dit soulagé mais plus déterminé que jamais à lutter contre les pratiques illégales de chasse à la baleine.
“Je suis heureux de rentrer bientôt en France et de revoir mes enfants”, confie-t-il avec émotion. Pour lui, cette décision n’est pas seulement une victoire personnelle : « C’est une reconnaissance que le Japon mène des activités illégales en toute impunité. Mon emprisonnement a attiré davantage l’attention sur leurs pratiques que n’importe quelle autre action que j’aurais pu mener ».
Le combattant ne faiblit pas
Watson, fondateur de l’organisation Sea Shepherd, est connu pour son approche qu’il qualifie de “non-violence agressive”, intervenant directement pour bloquer les opérations illégales en mer. Selon lui, son arrestation et la pression exercée par le Japon sur le Danemark mettent en lumière l’aspect politique de cette affaire.
« Le Japon a tenté d’utiliser des menaces économiques, notamment l’annulation de projets éoliens au Danemark, pour obtenir mon extradition. Cela montre à quel point mon cas est politisé », affirme-t-il.
Pendant sa détention, Watson a reçu un soutien massif : « J’ai lu environ 4 000 lettres, dont 70 % venaient de France. Cela m’a énormément touché ». Malgré les conditions de détention qu’il décrit comme correctes, ce temps en prison a renforcé sa détermination. La libération de Watson intervient dans un contexte de répression accrue des militants écologistes à travers le monde. Michel Forst, rapporteur spécial des Nations unies, a récemment alerté sur cette situation préoccupante. Watson partage ce constat :
« Il est beaucoup plus difficile d’être militant aujourd’hui qu’il y a trente ans. Les lois protègent davantage les intérêts des entreprises que les droits des citoyens ». Malgré cela, il ne compte pas changer de méthode : « Nos actions ont prouvé leur efficacité depuis 50 ans. Nous continuerons à intervenir pour faire respecter la loi internationale, même si les gouvernements manquent de volonté politique pour le faire ».
La lutte contre la chasse illégale continue
Paul Watson prévoit désormais de poursuivre ses efforts avec Sea Shepherd France, notamment contre la chasse à la baleine, le braconnage des tortues et la pêche illégale. Alors que certains pays comme l’Islande prolongent leurs permis pour la chasse à la baleine, Watson reste confiant : « Nous avons mis fin à ces pratiques en Australie, en Afrique du Sud, en Espagne et au Chili. Nous ferons de même en Islande, en Norvège et au Japon. La chasse à la baleine est illégale, et nous sommes engagés à faire respecter le droit ».
Alors que Watson retourne à son combat, il souligne l’importance de mobiliser l’opinion publique : « Nous ne pouvons pas attendre que les gouvernements agissent. C’est à nous, citoyens et organisations, de défendre notre planète ».


