
Le climat de tension ayant secoué le village de Niamayo, dans la sous-préfecture de Gadouan, région du Haut-Sassandra, à la suite des violences intercommunautaires du 25 octobre 2025, a conduit l’autorité administrative à prendre des mesures urgentes pour rétablir le calme. Le préfet de région et préfet du département de Daloa, Kouamé Koffi, s’est rendu sur place le vendredi 31 octobre 2025 pour une mission d’apaisement, à la tête d’une délégation administrative composée notamment du Secrétaire Général 1, Gbeully Keïpo, du SG2, Yaya Bamba, ainsi que du sous-préfet de Gadouan, Cissé Siaka.
Les circonstances du drame
Selon les premières informations, ces affrontements ayant opposé les communautés autochtones à des allochtones ont fait un mort et vingt-deux blessés. Un bilan lourd pour ce paisible village, jusque-là reconnu pour sa stabilité et le vivre-ensemble de ses populations. La tension née du scrutin présidentiel du 25 octobre a malheureusement dégénéré en violences meurtrières, faisant craindre une escalade dramatique.
Face à cette situation préoccupante, le préfet Kouamé Koffi a tenu à rencontrer les différentes composantes sociales du village afin de prôner le retour à la cohésion. Chefs communautaires, leaders de jeunesse, responsables d’associations féminines et autres acteurs locaux ont pris part à cette rencontre cruciale. L’autorité préfectorale, après avoir écouté longuement les protagonistes et recueilli les versions des faits, n’a pas manqué de condamner fermement les violences observées.
Ces violences ne méritaient pas d’exister, surtout que cela fait très longtemps que vous vivez en parfaite harmonie dans ce village
« Ces violences ne méritaient pas d’exister, surtout que cela fait très longtemps que vous vivez en parfaite harmonie dans ce village », a déploré le préfet, rappelant l’histoire commune et les liens fraternels qui unissent les différentes communautés. Dans un ton ferme mais empreint d’appel à la responsabilité citoyenne, il a insisté sur l’importance de séparer les divergences politiques de la vie sociale. « La politique ne doit pas nous diviser. Vous vivez ici ensemble depuis toujours. Rien ne doit détruire cette cohésion », a-t-il martelé.
S’adressant particulièrement aux jeunes, souvent instrumentalisés lors des tensions communautaires, Kouamé Koffi a rappelé le rôle déterminant de la jeunesse dans la préservation de la paix. « C’est vraiment triste. Ces violences ont occasionné mort d’homme. C’est pour éviter cela que certaines manifestations ont été interdites. Nous connaissons tous la mentalité de nos enfants, ils n’attendent qu’une occasion pour régler les comptes », a-t-il souligné. Il a ensuite ajouté : « Plus jamais ça à Niamayo. Sans la paix, il n’y a pas de développement. Notre pays est observé par le monde entier, reconnu comme une terre de stabilité. Préservons cet héritage laissé par feu le président Félix Houphouët-Boigny », a-t-il dit.
Renouer avec les valeurs de tolérance
Le préfet a insisté sur la nécessité absolue de renouer avec les valeurs de tolérance, de pardon et de fraternité qui ont toujours caractérisé cette communauté. « Je vous invite au pardon, à la réconciliation et au vivre-ensemble. Il ne sert à rien de faire la guerre », a-t-il exhorté sous un ton solennel.
Il a par ailleurs salué l’intervention rapide des forces de l’ordre, en particulier les éléments de l’escadron mobile 1/2 de Daloa, dont l’action a permis de contenir la situation avant qu’elle ne prenne une tournure encore plus dramatique. « C’est grâce à ces gendarmes que le pire a été évité. Ils ne sont ennemis de personne. Leur mission est d’assurer votre sécurité et celle de vos biens », a-t-il rappelé, appelant les populations à les percevoir comme des partenaires et non comme des adversaires.
Cette mission d’apaisement aura permis de jeter les bases d’un retour au calme durable dans la localité. Les différents leaders communautaires ont exprimé leur engagement à œuvrer pour la paix et à sensibiliser leurs bases respectives.
À Niamayo, les populations aspirent désormais à tourner cette page sombre et à renouer avec la quiétude qui a longtemps fait la réputation de ce village du Haut-Sassandra. Grâce à la médiation des autorités et à la volonté affichée des acteurs locaux, l’espoir renaît quant à la préservation du tissu social et au retour définitif de la cohésion communautaire.


