07212018Headline:

Côte d’Ivoire : Bédié – Ouattara, vers le point de non-retour ?

En Côte d’Ivoire, Henri Konan Bédié continue de réclamer l’alternance en 2020 en faveur du PDCI. Excédé par cette exigence, le président Alassane Ouattara se tourne désormais vers Kobenan Kouassi Adjoumani pour former son parti unifié qu’il espère aura l’adhésion de la majorité de cadres du PDCI.

Le gouvernement ivoirien est en plein remaniement avec le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly maintenu dans ses fonctions. Il est chargé de former la prochaine équipe devant exclusivement être composée de personnes adhérentes au projet de parti unifié en vue des l’élection présidentielle de 2020. Le PDCI qui jusque-là cogérait la Côte d’Ivoire avec le RDR réclame l’alternance en 2020 qu’elle croyait acquise par ses nombreuses années de soutien à Ouattara. Pour le RDR, c’est niet parce que le récent discours de certains cadres du plus vieux parti politique ivoirien laisse penser qu’ils ont une idée derrière la tête et que de vieux contentieux pourraient ressurgir s’ils venaient à prendre les commandes du pays.

Le refrain est repris en boucle et servi à qui s’intéresse à la question de l’alternance en 2020. « Quel parti politique abandonne volontairement le pouvoir pour un autre ? », aime-ton à interroger au sein du RDR. Comme nous l’expliquait récemment le président du RJR, M. Dah Sansan, le PDCI n’a soutenu son parti en 2015 que parce qu’il n’avait pas de candidat capable de défier le président Ouattara. Et alors que le projet de parti unifié était à l’étape initiatique, Bédié avait lancé cette idée d’alternance en 2020, ce à quoi Ouattara avait très trop répondu lors d’un déplacement à San-Pedro, que la question ne se poserait plus du moment que les deux partis PDCI-RDR ne formeraient plus qu’un et que c’est ensemble que le prochain candidat de ce grand parti serait choisi sur la base de primaires. Même si l’alliance RHDP a continué de fonctionner correctement, certaines divergences ont permis de comprendre que la bonne ambiance au RHDP n’était qu’un leurre.

“Jean-Louis Billon”, point de départ de la crise au RHDP
Depuis l’éviction de Jean-Louis Billon dans le Hambol contre l’avis d’Henri Konan Bédié, le PDCI a compris qu’il ne comptait pas vraiment dans les décisions politiques au sein du RHDP. Dès lors, Bédié veut clarifier la question de la succession au président Ouattara qui devrait quitter son poste en 2020, sauf s’il s’offre un troisième mandat déjà contesté par le PDCI qui dénonce sa mauvaise lecture de la constitution ivoirienne nouvellement adoptée.

Depuis l’adoption de cette position par le PDCI, les négociations entre les deux partis sont difficiles. Rien ne s’est arrangé après la confirmation de cette ligne par le bureau politique du parti fondé par Felix Houphouët-Boigny. Celui-ci conditionne son adhésion au parti unifié à l’alternance en 2020. Kandia Camara et Henriette Diabaté ont cherché dernièrement à convaincre Henri Konan Bédié de revenir sur sa position auquel cas il pourrait perdre les postes ministériels occupés par certains cadres PDCI. L’ancien président de la République de Côte d’Ivoire ne transige pas, il perdra ces postes s’il le faut, mais lui ne compte pas renoncer au préalable de l’alternance avant le parti unifié.

Face à cette décision assumée par Henri Konan Bédié, le président Alassane Ouattara ne lui parle plus, selon un proche de la cour de Daoukro. Les deux hommes ne se seraient plus parlé après leur dernier échange qui avait suivi le Bureau politique du PDCI, le 17 juin dernier.

Ouattara commence à sortir “le bâton” contre Bédié
Ouattara, agacé par cette posture de Bédié, semble vouloir faire payer à son « aîné » ses décisions anti-RHDP. Non seulement il aurait fait arrêter les travaux de la construction de l’Église Saint-Anne de Pepressou, selon Jeune Afrique, mais il envisagerait également de s’appuyer sur Kobenan Kouassi Adjoumani et son mouvement « Sur les traces d’ Houphouët-Boigny » pour former son nouveau gouvernement RHDP.

C’est l’émiettement du PDCI qui est sans doute en train de commencer puisque Bédié pourrait voir de nombreux cadres rallier ce nouveau mouvement crée par Adjoumani afin d’être ministrables ou pour garder leur poste au sein de l’administration ivoirienne. Il est déjà loin le temps où le président Alassane Ouattara voulait placer son mandat présidentiel sous « l’autorité du Président Henri Konan Bédié ».

afrique-sur7.fr

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