06062020Headline:

L’Afrique comme cobaye pour les traitements contre le covid-19 ?

Dans une vidéo d’interview sur la chaine de télévision française LCI, le directeur de recherche à l’Inserm et un chef de service de l’hôpital Cochin en France évoquent l’idée de prendre la population africaine comme cobaye pour les études sur un vaccin contre le coronavirus et notamment celles qui se concentrent autour du vaccin BCG.

Le sujet de l’émission, diffusée mercredi sur LCI, porte sur les vaccins BCG. Habituellement utilisés contre la tuberculose, ils pourraient (c’est à confirmer) avoir un effet contre le coronavirus, selon une étude néerlandaise. Alors que le chercheur Camille Locht évoque l’étude à grande échelle en cours pour le moment, son homologue Jean-Paul Mira le coupe pour poser sa question.

“Si je peux être provocateur, est-ce que l’on ne devrait pas faire cette étude en Afrique, où il n’y a pas de masques, pas de traitement, pas de réanimation ?”, dit-il, avant d’ajouter “un peu comme c’est fait d’ailleurs pour certaines études, dont le sida? Ou chez les prostituées, on essaye des choses parce qu’on sait qu’elles sont hautement exposées et elles se protègent pas. Qu’est-ce que vous en pensez?”. Ce à quoi son interlocuteur lui répond qu’il a raison et qu’une étude en Afrique avec le même type d’approche est d’ailleurs en projet.

L”Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) en France, a réagi sur Twitter face à cette polémique. Pour l’autorité, il s’agit ici d’une “mauvaise interprétation” des propos. “Des essais cliniques visant à tester l’efficacité du vaccin BCG contre le Covid-19 sont en cours ou sur le point d’être lancés dans les pays européens”, assure l’Inserm. Qui confirme également le fait qu’une réflexion est bien en cours concernant un possible déploiement en Afrique, tout en rappelant que cela “se ferait en parallèle” des essais réalisés en Europe.

Pour les internautes, les propos sont pourtant très clairs. Et les réactions outrées se multiplient sur les réseaux sociaux, tant parce que l’idée de prendre la population africaine comme cobaye révolte que parce qu’aucun intervenant, sur le plateau, n’a trouvé quoi que ce soit à redire à l’échange des deux experts.

OCNews

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