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Vaccin contre le coronavirus : les dernières nouvelles

A la mi-juin 2020, plus de 180 projets de vaccins contre le coronavirus étaient recensés partout sur la planète. Mais dans cette course mondiale engagée pour tenter de trouver un remède, une dizaine de projets seulement, répartis entre l’Europe, les Etats-Unis et la Chine, trustent le peloton de tête en termes de développement.

LE VACCIN D’OXFORD : CELUI SUR LEQUEL MISE L’EUROPE
Le vaccin de l’université britannique d’Oxford, développé en partenariat avec le laboratoire AstraZeneca, a refait récemment parler de lui après que quatre pays Européens, dont la France, ont fait une pré-commande sur la fourniture à l’Union européenne, à prix coûtant, de 400 millions de doses dans le but de se couvrir et protéger leurs populations.

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Un énorme pari fait sur l’avenir puisqu’à ce jour rien ne permet de dire avec certitude quelle sera l’efficacité de ce sérum. A ce stade, un essai de phase 1 (mené sur un petit groupe de volontaires sains notamment pour vérifier l’innocuité du produit, NDLR) doit en effet bientôt s’achever en Grande-Bretagne, tandis qu’un essai de phase 3 (mené cette fois sur plusieurs milliers de patients pour vérifier l’intérêt thérapeutique du produit et son rapport bénéfice/risque) vient de commencer.

Pascal Soriot, PDG français du groupe pharmaceutique anglo-suédois, se montre toutefois optimiste, même s’il reste prudent. «Nous pensons que [le vaccin] pourrait protéger pendant environ un an», a-t-il déclaré à la radio belge Bel RTL.

«Si tout se passe bien, nous aurons les résultats des essais cliniques en août-septembre. Nous assurons la production en parallèle donc nous serons en mesure de livrer des doses à partir d’octobre», a-t-il ajouté.

L’AMÉRICAIN MODERNA VEUT MARQUER L’HISTOIRE
Cette biotech américaine, dirigée par le français Stéphane Bancel, est elle aussi devenue très médiatique après avoir reçu plus de 480 millions de dollars du gouvernement américain très interessé par son projet de vaccin.

Moderna Therapeutics vient d’annoncer qu’il allait entrer dans la troisième et dernière phase de son essai clinique d’ici au mois de juillet. Au cours de celle-ci, son vaccin sera testé sur 30.000 personnes saines et volontaires. Une étape cruciale puisqu’elle va pouvoir déterminer si le vaccin est réellement plus efficace qu’un placebo pour éviter la contamination par le coronavirus.

En cas de succès, le laboratoire assure pouvoir produire 500 millions, voire un milliard, de doses par an. Moderna fait partie de l’une des cinq entreprises sur lesquelles l’administration Trump a misé pour développer un vaccin en un temps record dans le cadre d’une opération baptisée «Warp Speed», soit «à la vitesse de la lumière». Parmi les autres projets, celui des laboratoires Johnson & Johnson, Pfizer mais aussi AstraZeneca évoqué plus haut.

LE PROJET EMMENÉ PAR L’ALLEMAND BIONTECH
La biotech allemande BioNTech conçoit elle aussi un vaccin expérimental contre le coronavirus dont des essais cliniques sur des cobayes humains ont commencé à la fin du mois d’avril.

Pour ce projet, l’un des plus avancés au monde, la start-up allemande s’est associée au géant américain Pfizer et au laboratoire chinois Shanghai Fosun Pharmaceutical.

Leur but : concevoir au plus vite un vaccin basé sur l’utilisation d’ARN messager (acide ribonucléique messager). Ce sont des molécules qui agissent comme intermédiaires en donnant instruction aux cellules de produire des protéines antigéniques, qui permettent au système immunitaire de développer des défenses contre de futures infections au coronavirus.

Si les essais sont concluants, plusieurs millions de doses (aucun chiffre précis n’est pour le moment disponible) pourraient être disponibles à l’automne, pour une utilisation d’urgence.

LA CHINE COMPTE À ELLE SEULE 5 PROJETS EN PHASE D’ESSAIS CLINIQUES
Essais sur l’homme, armée mobilisée, procédure accélérée : la Chine, d’où est partie l’épidémie en décembre 2019, est aux avant-postes quant à la recherche d’un vaccin contre le Covid-19.

En quête coûte que coûte d’une reconnaissance internationale, Pékin aide ainsi massivement ses entreprises dans leurs recherches en fournissant des souches de virus tous azimuts ou en versant des aides financières dont le montant n’est jamais révélé.

Une tactique qui semble payer puisque parmi la dizaine de vaccins actuellement en essai clinique, donc sur l’homme, dans le monde, cinq sont chinois.

Parmi les recherches les plus avancées figurent celles de l’Académie militaire des sciences médicales, qui collabore avec la compagnie pharmaceutique CanSinoBIO.

La première étude scientifique sur le vaccin de CanSino Biologics, parue en mai, a montré des résultats positifs sur l’immunisation, mais le vaccin induirait aussi beaucoup d’effets secondaires. De ce fait, des améliorations doivent être apportées et aucune date de livraison précise n’a été communiquée.

A l’inverse, la compagnie pharmaceutique étatique Sinopharm, qui travaille sur deux projets, a indiqué, le 16 juin dernier, que l’un de ses candidats vaccins a présenté «des résultats préliminaires positifs sans effets secondaires graves». Elle espère même une mise sur le marché fin 2020-début 2021.

Les deux autres projets concernent celui mené entre l’Institut chinois de biologie médicale et l’Académie chinoise des sciences médicales, pour une utilisation d’urgence au plus tôt en octobre. Le second correspond au vaccin sur lequel travaille le laboratoire Sinovac qui a annoncé récemment un partenariat avec l’institut Butantan de São Paulo pour mener un essai clinique de grande envergure au Brésil.

EN FRANCE, L’ETAT ET SANOFI S’ASSOCIENT
En France, le laboratoire tricolore Sanofi participe lui aussi à la course au vaccin et aux traitements, mais n’est pas le mieux placé pour l’instant

Aujourd’hui, le laboratoire français travaille essentiellement sur deux pistes de vaccins contre le coronavirus SARS-CoV-2, faisant appel à deux technologies différentes : un vaccin à base de protéines recombinantes, en s’appuyant sur ses recherches antérieures sur le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), et un vaccin à ARN messager en vue de l’entrée en phase clinique.

Faisant plutôt le choix d’une course de fond que celui du sprint, le groupe pharmaceutique a annoncé, le 16 juin dernier, qu’il investirait 490 millions d’euros dans une nouvelle usine en France. Une annonce faite par le PDG du groupe Paul Hudson, aux côtés d’Emmanuel Macron qui a annoncé le déblocage d’une enveloppe de 200 millions pour la recherche d’un vaccin.

En mai dernier, Paul Hudson avait suscité la polémique, en déclarant que les Etats-Unis, cofinanceurs de recherches, seraient servis en priorité dès la mise au point d’un vaccin Sanofi contre le Covid-19. Cela lui avait valu une convocation à l’Elysée, où le président de la République avait souligné la nécessité de «s’extraire des lois du marché» et de mettre un vaccin à la disposition de tous dès que possible.

Avec CNEW

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