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Côte d’Ivoire: P-Amp, les hauts cadres de l’administration se forment à Abidjan

La première rentrée de la première promotion de Public advanced management program (P-Amp) s’est faite la semaine dernière, à Abidjan

Gestion des affaires publiques : Une quarantaine de hauts fonctionnaires ivoiriens se forment sur de nouveaux paradigmes

Le Public advanced management program (P-Amp avait été présenté au ministre de l’Économie et des Finances, Adama Koné, le 4 janvier, lors de la visite de courtoisie qu’il a effectuée à Mde Business school, à son siège, à Ivoire Golf Club. Le ministre avait alors exprimé sa satisfaction de découvrir le P-Amp, un programme conçu pour offrir aux hauts cadres de l’administration publique les leviers nécessaires pour comprendre et mettre en œuvre les nouveaux paradigmes de la gestion administrative. « J’ai été agréablement surpris. En moi, vous trouverez un directeur commercial. Avec votre école, nous n’avons plus forcément besoin d’aller aux États-Unis ou en France. Sur place, nous avons les programmes et les formateurs qu’il faut. Et qui plus est, une formation conforme à nos réalités. Ce qui n’est pas toujours le cas quand on va à l’extérieur. Je voudrais vous encourager à poursuivre ces programmes dont la Côte d’Ivoire a besoin », s’était réjoui l’hôte de Mde.

Trois mois après ce soutien fort du ministre à la business school ivoirienne et particulièrement au P-Amp, une quarantaine de hauts cadres de l’administration publique assiste à la première session dudit programme. Et c’est à Louis Côté, professeur à l’École nationale d’administration publique du Québec, Canada, institution partenaire de Mde Business school, qu’il est revenu, le 16 mars, de prononcer la conférence inaugurale de cette rentrée. « Plutôt que de fournir des problématiques à la pièce, j’ai choisi de proposer une problématique d’ensemble », a expliqué le professeur. Ce choix l’a conduit à faire voyager les auditeurs depuis les prémices de l’administration dont le premier moment conceptuellement élaboré est la « bureaucratie », jusqu’à la phase actuelle dénommée « gestion axée sur la valeur publique », en passant par « la gestion administrative basée sur l’efficacité et l’efficience ».

La gestion en fonction de la valeur publique, principale objet du P-Amp, ne dénie pas la bureaucratie encore moins la gestion basée sur l’efficience. Elle dépasse et résout leurs contradictions et faiblesses en y ajoutant des règles de fonctionnement et de recrutement claires et transparentes, caractéristiques de la bureaucratie. Elle ajoute à la rigueur de gestion héritée de la gestion basée sur l’efficience, une dimension participative et inclusive afin de s’assurer que les programmes et projets gouvernementaux correspondent effectivement aux besoins de la population. « On ne peut plus fonctionner comme il y a 50 ans, en se disant, le gouvernement a décidé ceci ou cela, donc on le fait. Il faut convaincre les gens, leur expliquer les choses, et les mettre à contribution. C’est la 3e forme d’administration qu’on a appelé la gestion en fonction de la valeur publique. Celle-ci fait appel à une réflexion sur les politiques et programmes, à leur évaluation, à une approche participative, à savoir, amener les populations à pouvoir dire leur mot individuellement mais surtout collectivement », souligne l’universitaire.

« Je trouve le programme formidable. Au début, j’avais craint que ce soit un cours théorique. Je me suis réjoui qu’il ait pu résumer, de manière pragmatique, les modèles successifs d’administration dont on doit pouvoir s’inspirer pour bâtir une administration performante », a réagi Madeleine Yao, Coordonnatrice du Don de gouvernance et de développement institutionnel (Dgdi), membre du groupe promoteur du P-Amp et auditrice. Du cours inaugural, elle dit avoir retenu que la gestion en fonction de la valeur publique est finalement un modèle intégrateur, évolutif avec comme moyen pour sa mise en œuvre, l’approche collaborative et participative de tous les acteurs de développement.

Sans vouloir faire un bilan hâtif d’un programme qui vient à peine d’être lancé, Martin Frigola, directeur général de Mde Business school, se satisfait. « Ce programme a été un besoin exprimé par les hauts cadres de l’administration publique qui ont participé à l’Amp, qui est son équivalent pour le secteur privé. Nous venons tout juste de commencer, donc nous ne pouvons pas encore faire d’évaluation. Mais nous sommes heureux de la collaboration avec l’École nationale d’administration publique du Canada. Après, nous irons au Canada qui pratique le modèle qui est enseigné pour voir comment cela se traduit dans l’administration canadienne », a-t-il dit.

Le P-Amp comprend huit modules. Il se déroule sur une période de huit mois et comporte des sessions mensuelles de deux à trois jours à Abidjan et une session résidentielle d’une semaine à l’Enap au Québec. C’est un parcours en cinq étapes : Pre Program (Préparation) ; Laying the Foundations (Les fondamentaux du management) ; Kicking-Off Your Transformation (Amorcer votre transformation) ; Learning to Drive your Environment (Assurer la maîtrise de votre environnement) ; Leading Change (Piloter le changement).

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