02032023Headline:

Manifestations de 2019 au Chili: des grâces présidentielles polémiques

Au Chili, le président Gabriel Boric a gracié 13 personnes hier vendredi. Douze d’entre elles) avaient été condamnées à des peines de prison pour des délits commis lors de la crise sociale où une trentaine de personnes étaient mortes, plus de 300 éborgnées et des milliers d’autres blessées. Cela faisait trois ans que leurs familles réclamaient la libération de leurs proches. Les partis de droite fustigent eux cette mesure.

Parmi ces 12 prisonniers, le plus jeune a 21 ans, le plus âgé en a 38, rappelle notre correspondante à Santiago, Naïla Derroisné.

Deux d’entre eux étaient condamnés pour tentatives d’homicide, les autres pour incendies, dégradation de matériel public ou pour avoir lancé des bombes lacrymogènes lors d’affrontements avec la police au moment de la crise sociale il y a plus de trois ans. Leur libération était l’une des promesses de campagne du président Gabriel Boric. « Ça a été une décision difficile à prendre mais ces jeunes ne sont pas des délinquants », a-t-il déclaré, faisant notamment référence au contexte particulier des manifestations en 2019.

« Nous avons demandé leur libération car beaucoup d’entre eux ont été victimes de montages policiers. Aucun d’entre eux n’est accusé de crime de sang, aucun de nos jeunes n’a été accusé de complot ou d’avoir mis le feu aux stations de métro, souligne Sofia Purran, du collectif des mères des prisonniers de la révolte de 2019 au micro de Raphael Moran, de la rédaction en espagnol de RFI. La grande majorité a été accusée de lancer des cocktails molotov pendant les manifestations qui ont été réprimées. Nous avons réussi à prouver au gouvernement que les jeunes ont été accusés sur la base de montages. Alejandro Carvajal par exemple a été accusé d’avoir incendié l’Université de Valdivia : il a été innocenté et condamné malgré cela à trois ans de prison alors que nous avons prouvé que la police avait infiltré la manifestation ».

Une promesse de campagne de Gabriel Boric
En graciant ces 12 personnes, Gabriel Boric respecte en partie l’engagement qu’il avait pris auprès de l’Assemblée nationale des familles des prisonniers politiques, qui a d’ailleurs applaudi le président chilien, tout en affirmant que leur « combat continuera jusqu’à ce que tous les prisonniers de la révolte sociale soient libérés ».

De son côté, la droite chilienne, totalement opposée à cette mesure, annonce rompre le dialogue avec le gouvernement et se retire de la table des négociations à propos d’un accord crucial qui était en cours de discussion au sujet de la sécurité dans le pays.

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