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Violences électorales en Côte d’Ivoire : « Les hommes politiques n’ont pas joué leur rôle de garant de la paix »

La tournée d’installation des antennes locales de la Concertation interpartis pour des élections démocratiques (CIED), qui a débuté à Bongouanou, le 16 décembre dernier, a déposé ses valises dans la capitale politique, Yamoussoukro, hier mercredi 28 décembre 2022. Ce, après les villes de M’Batto et Dabou les 20 et 23 décembre derniers. A l’hôtel Palace où la cérémonie d’installation de l’antenne du District autonome de Yamoussoukro a eu lieu, des messages forts ont été prononcés de la part des acteurs politiques présents. Beugré Wilson, conseiller municipal disant le traditionnel akwaba aux hôtes du jour, a mis le pied dans le plat, pointant du doigt les hommes politiques, comme acteurs premiers des violences électorales. « Pour revenir à notre thème du jour, comme chaque fois, pour cinq ans, notre beau pays la Côte d’Ivoire est encore malheureusement dans l’œil du cyclone. C’est malheureusement devenu un rituel ici dans notre pays à chaque approche des élections. La jeunesse politique exubérante, les politiciens dans l’arrière-cour qui donnent des consignes pas toujours pacifiques… », a-t-il fait noter avant d’appeler à des actions concrètes de paix. Comme lui, Robé Deguy Samuel, secrétaire général de la CIED, relèvera que « Depuis 1990, notre pays, la Côte d’Ivoire est en proie à une instabilité, la démocratie qu’on croyait être le levier de stabilité de paix et de développement s’avère être l’épine dorsale de tous les maux aujourd’hui, de toutes les crises depuis l’avènement du multipartisme, nous les hommes politiques, sommes en première ligne… Les politiques que nous sommes, sommes aujourd’hui sur les bancs des accusés. En conséquence, c’est que la population, notre peuple pour qui nous avons des aspirations pour son bonheur, n’a plus confiance en nous ; en tous cas pour la majorité. Le peuple trouve que ce sont les hommes politiques qui sont à l’origine de ces conflits. L’intolérance et la haine sont devenues le crédo entre les hommes politiques que nous sommes. Nous pensons que nous n’avons pas joué notre rôle de garant, de régulateur de la paix dans notre pays… », a-t-il indiqué, avant qu’au nom de Dr Blé Pierre, président national du CIED, il souligne pour un nouveau contrat de bail de confiance entre acteurs politiques et populations ceci : « Pour répondre à cette préoccupation, tous les partis politiques et groupements politiques ivoiriens doivent travailler, la main dans la main, afin d’œuvrer ensemble pour sortir notre pays de l’ornière de crise avant pendant et après les élections… La CIED est un cadre de dialogue inclusif entre tous les partis sans exception afin de promouvoir un dialogue soutenu au niveau local à travers le pays en mettant l’accent sur les zones particulièrement exposées à des violences électorales… », a-t-il signifié avant de faire savoir que cette initiative a pour partenaires techniques et financiers le PNUD et le National Democratic Institut (NDI). Ouattara Peyogori, coordonnateur des projets de consolidation de la Paix, au PNUD, a encouragé les uns les autres à promouvoir cet instrument cadre d’échanges entre tous les acteurs politiques locaux.

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