10242020Headline:

Togo : l’opposition appelle à de nouvelles manifestations

manif au togo

L’opposition togolaise a appelé jeudi à un rassemblement “massif” et réclamé une réforme de la Constitution qui n’empêche pas en l’état le président Faure Gnassingbé de briguer un nouveau mandat en 2015.

Une semaine après une manifestation similaire dispersée par les forces de l’ordre, l’opposition togolaise a une nouvelle fois appelé, jeudi 27 novembre, à un rassemblement massif à Lomé. “Nous appelons les populations de Lomé et de ses environs à sortir massivement demain (vendredi) pour soutenir la manifestation des organisations de défense des droits de l’homme” en faveur des réformes constitutionnelles, a déclaré Francis Pedro Amuzu, un porte-parole du Combat pour l’alternance politique (CAP2015).

Cette coalition réunit huit partis d’opposition autour de Jean-Pierre Fabre, principal candidat de l’opposition, en vue de l’élection de 2015. Elle lutte notamment pour une limitation du nombre de mandats présidentiels autorisés, afin d’empêcher le président Faure Gnassingbé de se porter une nouvelle fois candidat en 2015.

Ces réformes sont essentielles et ne constituent pas “une faveur que le peuple demande au chef de l’État” au pouvoir depuis près de 10 ans et qui a succédé à son père, a souligné l’un des organisateurs de la marche, le président de la Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH), Me Raphaël Kpandé-Adzaré. Il s’agit d’un “impératif démocratique”, a-t-il ajouté.

“Maintenir la pression”

C’est donc un véritable bras-de-fer que l’opposition tente d’engager avec Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005. En visite au Ghana, le chef de l’État a ainsi affirmé, mardi 25 novembre, que la Constitution en vigueur au Togo, qui ne fixe aucune limite au nombre de mandats présidentiels, serait “rigoureusement respectée”. Il a par conséquent laissé entendre qu’il pourrait briguer un troisième quinquennat en 2015.

Le lendemain, le leader de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, a promis de “maintenir la pression sur le régime” pour “contraindre (le président) à faire des réformes” avant le scrutin. Mais les réformes réclamées de longue date ont déjà été rejetées une fois par le Parlement, où le parti au pouvoir détient la majorité absolue.

Différent du Burkina

La manifestation de vendredi a été autorisée sur un itinéraire validé par le ministre de l’Administration Gilbert Bawara. Mais la semaine dernière, à Lomé, les forces de l’ordre avaient tiré des gaz lacrymogènes contre des milliers d’opposants qui brandissaient des pancartes comme “50 ans pour le père et fils, ça suffit !”, ou “deux mandats, ça suffit !”, car les manifestants avaient tenté de s’éloigner de l’itinéraire prévu pour rejoindre le Parlement.
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