04152024Headline:

Après la liste électorale, Tidjane Thiam critique la politique d’endettement.

La mise en lumière de la faible représentativité de la liste électorale en Côte d’Ivoire n’était que le début des préoccupations de Tidjane Thiam. Lors de la présentation de la nouvelle structure du PDCI au siège du parti à Cocody le 5 mars 2024, le leader politique a exprimé ses inquiétudes concernant la dépendance excessive à l’égard de l’endettement extérieur pour financer le programme présidentiel.

“Le point qui me tient à cœur est le développement de l’épargne intérieure et de ressources financières à long terme dans l’économie domestique”, a lancé l’ancien patron de Crédit Suisse, alors qu’il présentait les six groupes de travail qui contribueront à définir le projet de société du PDCI-RDA.

“On ne peut pas se développer uniquement en empruntant à l’extérieur, a asséné l’ancien ministre du Plan. […] Quand vous avez une population jeune, vous pouvez avoir des systèmes de retraite à long terme. Parce que vous êtes en phase d’accumulation. […] Il ne faut pas gaspiller. […] Il faut prendre ces ressources-là [et] investir dans l’économie locale à long terme. Car ce sont des ressources en monnaie locale, donc qui ne créent pas de problèmes d’endettement pour le pays.”

Poursuivant son discours, Thiam a partagé son expérience dans les pays asiatiques où il avait travaillé en tant que PDG d’une compagnie d’assurances britannique. Le banquier a souligné l’importance de générer des fonds propres en monnaie locale pour assurer l’indépendance économique.

“Générer des fonds propres en monnaie locale, c’est le prix de l’indépendance”, a-t-il déclaré”, suscitant les applaudissements nourris de ses partisans. “Si vous ne pouvez pas financer votre économie, vous n’êtes pas indépendant, c’est aussi simple que ça. Parce que celui qui prête, aura toujours des droits exorbitants sur vous, c’est comme ça”.
Le polytechnicien a expliqué comment cette approche avait été appliquée avec succès dans des pays comme le Vietnam, favorisant des investissements à long terme dans l’économie locale. “Donc, développement de l’épargne et de ressources à long terme générées dans et par l’économie nationale : ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité”, a conclu le patron du parti doyen.

Les propos de Tidjane Thiam révèlent une préoccupation croissante au sein de l’opposition concernant la politique économique actuelle et l’impact potentiel sur l’indépendance financière du pays. Ses propos résonnent en effet avec les critiques du parti de Laurent Gbagbo envers le président Ouattara, l’accusant de financer son programme présidentiel par l’endettement ou des Eurobonds plutôt que par l’épargne domestique.

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