08172017Headline:

Côte d’Ivoire – prisons inhumaines devenues de véritables couloirs de la mort

prison

GRÈVE DE LA FAIM DES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS

LE COJEP CONDAMNE « L’ATTITUDE D’INDIFFÉRENCE MÉPRISANTE» DU RÉGIME ET EXIGE « L’OUVERTURE D’UNE ENQUÊTE INDÉPENDANTE ET IMPARTIALE » POUR ÉLUCIDER LES NOMBREUX CAS DE DÉCÈS DANS LES PRISONS IVOIRIENNES ET DES SANCTIONS EXEMPLAIRES.

Depuis le lundi 01 Décembre dernier, les prisonniers politiques ivoiriens observent une grève de la faim illimitée dans toutes les prisons officielles de la Côte-d’Ivoire aux motifs qu’ils sont en détentions prolongées sans jugement , qu’ils sont soumis quotidiennement à des traitements inhumains, sans soins médicaux adéquats face aux cas de maladies qui sont récurrents et qu’ils ont enregistré, du fait de leurs conditions humaines de détention et du manque de soins médicaux adéquats de nombreuses pertes en vie. Le cas le plus récemment fut le décès tragique du jeune Martin Assémien, le 15 Novembre dernier, sans oublier l’opposition des autorités judiciaires et pénitentiaires à l’hospitalisation de Tapé Zokou Gbeli, un autre détenu qui, n’ayant pas bénéficié d’un bon suivi médical post opératoire a présenté des complications pour lesquelles l’indication d’une hospitalisation pour une meilleure prise en charge avait été ordonnée par l’équipe médicale du centre d’accueil.

Au troisième jour de cette grève, soit le Mercredi 03 Décembre, des femmes épouses, enfants et parentes de détenus politiques, qui accompagnent ce mouvement de grève depuis le début, munies de matelas et de pancartes avec des messages divers, ont décidé de manifester pacifiquement dans la commune du Plateau. Pendant qu’une délégation était en discussion au cabinet du ministère de la Justice et des Libertés Publiques, la police dispersait violemment ces dames avant de procéder à des arrestations dans leur rang. Les trois membres de la délégation après leur audience avec le cabinet du garde des sceaux, ministre de la Justice seront à leur tour arrêtés.

Le Congrès Panafricain pour la Justice et l’Egalité des Peuples (COJEP), face à cette situation inacceptable :

1- a dépêché une délégation à la préfecture de police afin de rencontrer les autorités policières et témoigner son soutien aux nouvelles détenues, arbitrairement arrêtées, ainsi qu’aux prisonniers politiques injustement détenus dans toutes les prisons du pays et à leur famille respective ;

2- s’étonne que le pouvoir sorte les muscles en usant de la brutalité de la force publique face à des femmes munies de pancarte et de matelas qui manifestaient pacifiquement et qui ne demandaient que la libération de leur époux, père et parents en détention prolongée sans jugement;

3- condamne l’interpellation de dignes citoyennes à la sortie d’une rencontre dans un cabinet ministériel, de surcroît celui des Libertés Publiques. Cette affaire ressemble à s’y méprendre une autre tristement célèbre dite l’affaire « Afakaya » où le camarade Aboudramane Sangaré fut bastonné dans les bureaux de Ouasénan KONE, ministre de l’intérieur d’alors ;

4- encourage et soutien le COFED (COllectif des Femmes, épouses, parentes et amis des Détenus politiques) dans cette épreuves et leur demande de rester mobilisées et combatives a l’image des femmes qui ont dit non à l’administration coloniale pour la libération de leurs maris emprisonnés à Grand-Bassam;

5- exige la libération immédiate des épouses et parentes des prisonniers politiques détenues à la Préfecture de police d’Abidjan ;

6- s’indigne devant le silence coupable des autorités devant les nombreux cas de décès dans les prisons du pays qui sont devenues de véritables mouroirs et

7- exige l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale afin que d’une part, toute la lumière soit faite sur ces nombreux cas de décès dans les prisons ivoiriennes et que d’autre part, toutes les responsabilités soient situées en vue de prendre les sanctions qui s’imposent ;

8- condamne l’attitude d’indifférence méprisante affichée par le régime là où des vies humaines sont menacées ;

9- demande la libération sans conditions de tous les détenus politiques ivoiriens afin de détendre le climat socio-politique et de contribuer ainsi à créer les conditions d’une réconciliation véritable.
Ivoiriens, ivoiriens, démocrates de tous bords, épris de Paix et de Justice sociale, restons mobilisés et solidaires des prisonniers politiques et leur famille.
Mobilisons-nous pour une Côte d’Ivoire de Justice, d’Egalité et de Paix.

Dieu protège la Côte-d’Ivoire et les prisonniers politiques ivoiriens!

Fait à Abidjan, le 03 Décembre 2014

POUR LE COJEP
Le Secrétaire Exécutif Principal, porte-parole

Martial YAVO

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