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Abidjan: Travaux de voirie, Ce qui se passe sur la voie express de Yopougon

Jeudi 29 mars 2018. Pratiquement 22 heures. L’heure est très avancée. La circulation est très fluide à cette heure tardive de la nuit. Sur la voie express de Yopougon, des véhicules roulent à vive allure.

Dans les environs du 3ème pont, un bruit assourdissant déchire le silence de la nuit. Des projecteurs installés haut dans le ciel attirent l’attention. Un regard rapide en direction de ces projecteurs, dans le sens Yopougon-Adjamé, et l’on note la présence de plusieurs engins stationnés. Il s’agit de machines destinées à des travaux d’entretien routier. Qu’est-ce que ces engins font dans cette zone ? Pourquoi ce bruit assourdissant ? Le lendemain, vendredi 30 mars 2018, au petit matin, les réponses aux préoccupations de la veille sont visibles. Les machines se sont déplacées de quelques mètres, laissant derrière elles un bitume totalement décapé. Rien qu’à regarder, nous nous rendons compte qu’il s’agit de travaux d’entretien routier sur cet axe express. Les jours suivants, les machines progressaient toujours dans leur lancée, et à chaque fois, le bitume décapé était remplacé par une nouvelle couche. La circulation est désormais très aisée sur cet axe. Les usagers, notamment les minicars, communément appelés Gbakas, roulent à vive allure.

Samedi 07 avril 2018, de retour de Yamoussoukro, nous marquons un arrêt au niveau du pont piéton, dans le but d’en savoir davantage sur la consistance des travaux sur cette voie express. Les ouvriers trouvés sur place refusent de répondre à nos questions, sous prétexte qu’ils n’en savent pas grand-chose. « Allez voir nos patrons. Ils sont mieux placés pour vous dire ce que nous faisons ici », lance un ouvrier, qui s’empresse, par la suite, de prendre congé de nous.

Rechargement. Convaincue que nous n’aurons pas de réponse à la question concernant la consistance des travaux, nous nous orientons vers l’Agence de gestion des routes (Ageroute). Au cours d’un entretien dans les locaux de ladite structure, à Abidjan-Plateau, mardi 17 mars 2018, le directeur par intérim des travaux d’entretien routier, Blé Pascal, confie qu’il s’agit de travaux de rechargement. « Pour ce qui concerne la consistance des travaux sur la voie express de Yopougon, dans notre jargon, on parle de rechargement. C’est en fait un renouvellement de la couche de revêtement, parce que les désordres qui existent sont liés au trafic. Avec le temps, la couche de roulement a connu un certain nombre de déformations. Il est bon d’améliorer cette couche pour le confort des usagers. C’est cette opération qui a cours sur la voie express », informe l’ingénieur des routes, qui ajoute qu’avant de répandre la couche de bitume, il y a eu une étude préalable qui a été faite pour voir un peu le comportement de la route en terme de fatigue.

« A l’issue de cette étude, les zones très fatiguées ont été identifiées. Et donc avant de renouveler la couche de roulement en ces endroits, il y a un travail préparatoire de reconstitution de l’assise qui est fait, et c’est après qu’il y a le revêtement tout le long », souligne l’ingénieur de l’Ageroute. Ce dernier insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une réhabilitation, qui, elle, dira-t-il, « commande que vous alliez jusqu’aux couches inférieures. Si c’était une réhabilitation, on allait décaisser l’existant pour reconstituer l’assise, pour être sûr qu’on est posé sur du solide ». Blé Pascal précise que la durée de vie d’une route réhabilitée est d’au moins 15 ans, là où le renforcement dure au moins 5 ans.

Garantie. Cette nouvelle stratégie qui consiste à décaper tout le bitume fatigué afin de le remplacer par du neuf a ses avantages, avance Blé Pascal. Il explique que cette méthode permet de garantir la qualité des travaux. « A l’époque, on venait traiter un point critique, sachant très bien que la route, dans son entièreté, était fatiguée. Du fait de problèmes de ressources, on se disait : on traite ce point”. Mais après, tout le contour du point traité devient une zone faible. Les véhicules fragilisent les zones qui n’ont pas été touchées, qui s’ouvrent et viennent contaminer ce qui a été déjà fait, qui se dégrade à nouveau. Aujourd’hui, sachant que la chose qui protège le mieux la route c’est le revêtement, on demande à l’entrepreneur de reprendre tout le revêtement. Ça veut dire qu’il n’a pas plus d’excuses pour dire que c’est parce qu’il n’a pas traité un point donné qu’il y a eu des infiltrations qui vont venir agresser la partie qui est faite », souligne l’ingénieur en travaux de voirie. L’autre élément de garantie, poursuit ce dernier, c’est sur les délais. « Pour tous nos travaux, nous avons un délai de garantie », mentionne Blé Pascal.

Selon lui, il s’agit de soumettre la voie ayant fait l’objet de travaux aux intempéries et à la circulation, afin de voir si elle tient. « Pendant ce délai de garantie, l’entreprise des travaux est responsable. Donc s’il y a un vice, c’est-à-dire un défaut de mise en œuvre, qui apparaît, elle n’a pas d’excuses. Ces différents éléments représentent des gages de garantie qui obligent l’entreprise à mettre tout le sérieux », se convainc le directeur par intérim des travaux d’entretien routier.

Les travaux de voirie sur la voie express de Yopougon, apprend-on, seront couplés avec des travaux d’assainissement qui consisteront au curage de caniveaux. De même, les bretelles en allant et en venant de la Carena vont être également touchées. Les travaux de la voie express, faut-il le noter, s’étendent du pont rail, à la sortie d’Adjamé, jusqu’au corridor de Gesco, dans la commune de Yopougon, soit environ 8 kilomètres. Les financements de ces travaux se font par le Fonds d’entretien routier (Fer).

200 km de routes traités à Abidjan depuis octobre 2017

Un certain nombre d’opérations d’entretien routier ont démarré en octobre 2017 dans la ville d’Abidjan et sont en voie d’achèvement. Toutes les communes ont été visitées. Il s’agit, à titre d’exemple, du rond point d’Adjamé Liberté ; du carrefour sable, à Yopougon ; de la rue Louis Lumière à Marcory zone 4…La route de Dabou, fortement dégradée, qui posait des problèmes de sécurité, a également reçu un traitement de choc. En effet, avec le pont de Jacqueville, il fallait permettre aux usagers d’avoir un minimum de confort sur cet axe. C’est ce qui a été fait, en attendant la réalisation de l’autoroute annoncée sur ledit tronçon. En termes de résultats, c’est environ 200 Km de voirie sur toute la ville d’Abidjan qui ont été traités, apprend-on du côté de l’Ageroute.

Pour prévenir les inondations en saison de pluie, il est aussi prévu une opération de débouchage des ouvrages des zones difficiles. Une initiative qui commande l’implication de toutes les structures intervenant sur les ouvrages que sont la voie, les caniveaux, ainsi que les ouvrages enterrés.

Irène BATH

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