08262019Headline:

Côte d’ivoire: Des policiers s’affrontent en duel et se blessent grièvement

bagarre de policier

Le capitaine Y. Franck, en service au commissariat de police du 26ème arrondissement à Marcory, et son collègue, le sergent Y.K Marc qui, lui, officie au commissariat de police spécial du District d’Abidjan, sont très mal en point. Les deux se sont grièvement blessés au cours d’un duel sanglant. Une bagarre digne de chiffonniers, livrée en pleine nuit du mardi 3 au mercredi 4 mars 2015.

A en croire, des sources recoupées, les deux policiers sont voisins dans un bâtiment qu’ils habitent comme d’autres corps habillés, au quartier « Maroc », à Yopougon. Il nous revient que l’officier et le sous-officier sont très liés, par leur profession et leurs points de vue qui concordent très souvent. Cette entente entre les deux se renforce davantage par les repas qu’ils partagent.

Mais tout cela va s’écrouler comme un château de cartes, et les deux hommes vont plus ou moins se vouer une inimité sans borne. Les écarts de langage et les propos orduriers vont se faire dans l’irrespect total des grades. On n’est vraiment plus loin, du pugilat. La première alerte de ce duel qui se profilait à l’horizon entre les deux hommes, intervient à la suite d’un désaccord total sur les images de Canal qu’ils se partagent. Ils en viennent presqu’aux mains, avant d’être ramenés à la raison par un témoin de la scène déshonorante. Mais on le verra, ce n’est que partie remise. Car quatre jours plus tard, c’est la totale.

En effet, dans la nuit du mardi 3 au mercredi 4 mars 2015, aux alentours de 1h du matin, l’officier Y. Franck, muni d’un seau, sort de sa maison et va recueillir de l’eau dans le robinet du lavabo placé dans la petite allée, juste à son balcon. Son petit garçon de 3 ans qui lui est très attaché, le suit. Cette eau en sa possession, il entend la verser dans ses toilettes où il venait à peine de se soulager. Mais alors qu’il tente de regagner l’intérieur de son logis, nos sources poursuivent pour dire que se dresse subitement devant lui, son voisin, collègue et ennemi juré, le sergent Y.K. Marc. Le litige précédant est remis au goût du jour. Il ressort que le sous-officier libère un violent uppercut que le capitaine prend à l’œil gauche. Un coup qui lui fait voir des étoiles. Puis, il reçoit un autre en plein dans le nez alors qu’il tente de dégager son fils.

Là, Y. Franck riposte. Et c’est parti pour un violent pugilat quand les deux policiers s’empoignent. Coups de tête, de pied, de poing….tout y passe. Comme des taureaux, chacun recule et revient à la charge tête en avant, et tous deux se rentrent dedans. La bagarre dure une bonne dizaine de minutes au bout desquelles, les deux hommes sont crevés. Et sans qu’on ne le leur demande, ils se séparent. Entre-temps, devant la bagarre qui vient à l’instant de se produire sous ses yeux, le fils de Y. Franck se met à pleurer. Situation que saisit au bond son adversaire qui lâche cette phrase : « C’est parce que je viens de te botter, que ton fils pleure ! ». L’officier est touché dans sa dignité de père. Il refuse d’être nargué. Et c’est lui donc, qui remet le couvert en envoyant un direct à Y.K. Marc. Lui aussi réplique, et c’est de nouveau parti pour un autre round. Une fois de plus, tous les coups sont permis. Et c’est pourquoi, le sergent empoigne le nez de son adversaire à l’aide de ses dents. Il mord si fort, que le capitaine croit perdre son pif. Sous la douleur, il lâche un cri. Il opte alors pour le « œil pour œil, dent pour dent ». Ainsi, de ses solides dents d’une quarantaine d’années qui n’ont jamais fait de cadeau aux os, il happe l’un des doigts de son adversaire et s’emploie presque à le croquer.

Duel sanglant

Y.K. Marc, à ce moment- là, jette son dévolu sur l’épaule gauche charnue de Y. Franck et mord dedans. Là encore, ce dernier apporte la réplique à la mesure du coup reçu en mordant à pleines dents l’oreille de l’autre qui lâche prise. Puis cette fois, le capitaine se sert de son coude, pour frapper Y.K. Marc à la tête. Sous la puissance de ce coup, le sergent dandine et va cogner la balustrade en béton protégeant le balcon. Tous les deux saignent abondamment, mais ils continuent de se taper dessus avec des gauches, des droites, des directs, des uppercuts…

Dans la bagarre, les deux cognent par-ci par-là le mur, les portails en fer. Le sang continue de couler. Les deux protagonistes sont grièvement blessés. Leurs visages sont horriblement marqués par les violents coups reçus. Devant une scène si affreuse, le fils de 3 ans de l’officier file dans la maison de son père et va réveiller la fille de ménage. Cette dernière qui vient aux nouvelles en courant, ne peut séparer les deux « gladiateurs ». Elle risque de prendre un bon coup perdu. Alors, elle dévale l’escalier et se retrouve au premier étage, dans le but d’appeler à la rescousse, d’autres hommes en tenue qui habitent là. Mais en entendant ses appels à l’aide, ceux-là lâchement, se barricadent plutôt, croyant qu’elle avait à ses trousses, des criminels.

La « bonniche » convaincue qu’elle perd son temps, revient sur les lieux de la sanglante bagarre et implore les deux « tontons » d’arrêter. Mais pendant une demie-heure environ, le combat se poursuit. Finalement éreintés, lessivés et éprouvés par leurs graves blessures, les deux hommes qui n’ont même plus la force de lever le doigt, mettent un terme à la bagarre.

A en croire toujours nos sources, le capitaine Y. Franck titubant, rentre chez lui. Un peu plus tard, saignant toujours, il part de chez lui et va porter plainte au commissariat de police du 17ème arrondissement contre Y.K. Marc. Il accuse ce dernier de violation de domicile et agression. A son retour, il est en compagnie de l’officier de permanence, en vue de procéder au constat d’usage. Mais il se trouve que son adversaire n’est plus présent. Et lui le capitaine se déporte à la clinique médicale Saint-Michel où il reçoit les premiers soins, avant de rentrer se coucher.

Le matin, au réveil, l’officier Y. Franck constate de nombreux appels en absence, de son chef de service. Il joint alors immédiatement ce dernier, pour lui expliquer ce qu’il a vécu dans la nuit. Et surtout le prier de lui permettre un jour de repos. Mais, avancent nos sources, il s’entend plutôt dire de se présenter immédiatement à son service. Sur place, il lui est demandé de faire un rapport complet de ce qu’il s’est passé.

Qui est l’agresseur et qui est l’agressé ?

Lorsqu’il termine celui-ci, son chef de service lui signifie avoir reçu ordre de l’arrêter tout de suite. Car malgré ses blessures, personne ne croit en ses explications le faisant passer pour la victime. C’est plutôt lui qui est accusé d’avoir tendu une embuscade au sergent Y.K. Marc qu’il aurait frappé à l’aide d’une pierre. Et que son adversaire est arrivé inconscient et très mal en point, à l’hôpital de la police nationale, au Plateau où il est du reste interné.

L’officier Y. Franck est étonné que ce soit lui qui se retrouve dans la peau de l’agresseur, alors qu’il croit avoir agi en toute légitime défense. Pendant qu’il veut bien comprendre la tournure prise par les choses, il est mis aux arrêts et transféré à l’École nationale de police, à Cocody, où il est écroué. Il lui est signifié qu’en tant qu’officier, il n’avait pas, en tout état de cause, à répondre à l’agression physique d’un sous-officier. Et qu’il aurait dû saisir ses supérieurs, au lieu de porter la réplique.

Au violon de l’École de police, peu de temps après, nos sources rapportent que les praticiens là-bas remarquent que le capitaine est sérieusement amoché et qu’il a besoin d’être évacué au service de traumatologie de l’hôpital de la Police nationale. Ce, pour des soins adéquats. Mais un ordre, nous dit-on, indiquant toujours que l’officier Y. Franck est l’agresseur, vient annuler tout cela. Et que sa place demeure au mitard. Il est donc débarqué de l’ambulance et bouclé dans sa cellule pour un arrêt de rigueur de huit (8) jours. Une enquête policière interne est en cours, pour faire toute la lumière sur cette affaire. Nous allons y revenir.

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