12062016Headline:

Depuis Paris, KKB: «Si vous voulez la paix, Gbagbo est incontournable»

k k b

Le député de Port-Bouët, candidat déclaré aux élections présidentielles d’octobre prochain, a rencontré samedi dernier à Paris, la diaspora ivoirienne en Europe.

Face à ces Ivoiriens, qui se sont mobilisés de différents pays pour l’écouter, l’ex-président des jeunes du Pdci-Rda n’a pas failli à ses habitudes. C’est un KKB tout feu tout flamme qui s’est adressé à son auditoire. A ce public attentif à son discours, l’hôte de la diaspora a expliqué sa récente visite aux leaders politiques ivoiriens détenus au pénitencier de la Cour pénale internationale (Cpi), à la Haye : «Chez nous en Côte d’Ivoire, le deuil réconcilie. Je suis allé voir le président Gbagbo et mon frère Blé Goudé. J’ai rencontré le président Gbagbo pour lui présenter mes condoléances et lui faire part de mon soutien, et je lui ai promis de revenir après l’enterrement pour lui faire le compte rendu. C’est la raison de mon voyage à la Haye ces derniers jours». Et le député de Port-Bouët de faire des révélations sur l’accueil à lui réservé au pays, au retour de son premier voyage aux ex-dirigeants à la prison de la Cpi. «Après mon retour à Abidjan, un ministre me convoque dans son bureau et me demande ce que je suis allé faire à la Haye. Je lui ai répondu que je suis allé voir le président Gbagbo pour lui dire Yako (sic). Il n’y avait personne pour le faire et moi je l’ai fait», a lâché KKB, parlant ainsi du ministre Hamed Bakayoko.

Pour le futur adversaire d’Alassane Ouattara aux élections présidentielles, le décès de la mère de l’ex-président Laurent Gbagbo aurait du aider à rapprocher les deux adversaires de la crise post-électorale. «Gbagbo a perdu sa mère, et tu sais qu’il ne peut pas assister à son inhumation. Tu vas le voir en prison. Tu lui dis: ”comme je suis le président en exercice et tu as perdu ta mère, je suis venu voir comment enterrer la maman dignement, car elle est notre mère à tous”. Tu reviens le voir pour lui faire le compte rendu: ”voilà ce que j’ai fait, est-ce que cela te convient?”. Après, tu poses les problèmes du pays: ”Comment pouvons-nous faire pour ramener définitivement la paix dans le pays”. Quand vous vous êtes parlé en famille, et quand tu donneras le dos, il va réfléchir. C’est ainsi que tu donnes la voie à la réconciliation», a-t-il estimé.

Pour KKB, il appartient à celui qui recherche la paix de trouver la voie idéale. Laquelle, précise-t-il, ne se retrouve pas dans les bras de fer et épreuves de force. «Celui qui cherche la paix du cœur et la réconciliation ne l’ obtient pas par la guerre. Ce n’est pas tout qu’on obtient par la kalachnikov. La paix du cœur ne peut s’obtenir par la force, et si vous voulez la paix et la réconciliation en Côte d’Ivoire, Gbagbo est incontournable», a-t-il lâché d’un ton grave, sous les ovations de l’assistance. Comme dans un cours magistral, l’honorable KKB s’est attaqué au bilan de l’actuel tenant du fauteuil présidentiel. Selon lui, Alassane Ouattara n’a, jusqu’à présent, pas encore rempli un seul chapitre de toutes ses promesses faites aux Ivoiriens. Le député de Port-Bouët a jugé négatif le bilan de son futur adversaire sur tous les plans, attribuant toutes ses réalisations (ponts, routes, et autres infrastructures) à ses prédécesseurs. Notamment le président Gbagbo dont il défend le cas. «C’est bien de bâtir des ponts, et quels ponts? C’est bien de construire des universités, mais à quoi ça sert de construire tout ça si tous les Ivoiriens sont hors du pays? Depuis que Gbagbo est à la Haye, tous les 47 % qui ont voté pour lui sont complètement en marge de la République. Ils sont qui, au Burkina, qui au Ghana, éparpillés dans le monde. Quel est cet homme politique, ce leader qui a son peuple éparpillé dans le monde et qui n’a pas le bonheur?». Kouadio K. Bertin a dit reconnaître sa part de responsabilité dans la crise ivoirienne, en avouant avoir voté Alassane Ouattara et fait campagne pour lui. Mais, il entend rectifier cette erreur de sa part, dans l’histoire de la Côte d’Ivoire, et très bientôt, à partir du mois de juin prochain. «Je suis venu vous dire qu’en juin, tout va commencer», a-t-il partagé avec son auditoire, à qu’il promet de rencontrer dès le lancement de sa campagne.

Paulin Gessler, correspondant à Paris (France)

L’inter

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