05282017Headline:

Côte d’Ivoire: Scandale: Refusant le racket de leur syndicat, des bouchers de Bouaké ont été incarcérés …

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Côte d’Ivoire: Scandale: Refusant le racket de leur syndicat, des bouchers de Bouaké ont été incarcérés puis interdits d’exercer
Ils viennent de purger une peine de 3 mois à la prison de Bouaké pour trouble à l’ordre public, violence et voie de fait. En dépit de ces mois d’incarcération, ils sont désormais interdits d’exercer en tant que boucher à l’abattoir municipal de Bouaké. Siaka Bako et son frère aîné accusent B.A., le président du Syndicat national des bouchers et charcutiers de Bouaké (Synabcb), d’avoir manigancé tous ces coups contre eux. Et pour cause, ils l’accusaient de se sucrer sur le dos des bouchers. « Je suis père de famille de 10 enfants. Voilà des mois que je suis interdit d’accès à l’abattoir. Je ne sais même pas comment nourrir ma famille, payer le loyer », explique Bako, visiblement atteint par cette situation. Mais comment en est-on arrivé là ?

Bako confie que l’abattoir étant la propriété de la mairie, les bouchers doivent s’acquitter de la patente et d’une autre taxe journalière à la municipalité. Cette somme a varié jusqu’à l’élection du maire actuel qui a fixé la taxe journalière à 2300 FCFA par bœuf abattu. Mais, parallèlement à cela, selon Bako, B.A demande aux bouchers de payer 1000 francs par bête immolée. Alors qu’ils payent déjà les taxes journalières de 200 francs au syndicat. Mais, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, selon Bako, c’est, lorsqu’en 2012, le président de leur syndicat a demandé à ce qu’ils paient leurs impôts au sein de l’abattoir. Ce qu’il n’a pas trouvé normal, d’autant que sur le reçu de paiement qu’on leur délivre, ne figure aucun montant.

Après avoir payé en 2012 et 2013, il a refusé de payer pour l’année suivante au niveau de l’abattoir. Car, pour lui, « cette somme ne va pas dans les caisses de l’Etat. Je préfère me rendre à la direction des impôts pour payer. Parce que l’abattoir n’est pas le Trésor public», dit-il. Il a demandé par la suite aux autres bouchers de se rendre à la direction des impôts plutôt que de donner leur argent au président du syndicat et à ses hommes. Mais, à sa grande surprise, alors qu’il pense qu’il est sur la bonne voie, on le convoque chez le procureur où il a dû s’expliquer, fin décembre 2014. « On dit que je révolte les bouchers. De retour de chez le procureur, B.A  dit que tant qu’il est à Bouaké, je ne vais pas travailler à l’abattoir », confie-t-il. Bako a donc été contraint de continuer à lui verser ses impôts.

Mais, en 2015, il a été radié de la liste des bouchers habilités à travailler au sein de l’abattoir. Finalement, l’abattoir a été bouclé par les forces de l’ordre. Et il a été arrêté. Son frère aîné également. Lequel, selon lui, n’a rien à voir dans cette histoire. Ils ont été jugés le 24 février 2016 pour atteinte à l’ordre public, violence et voie de fait, et condamnés chacun à 3 mois de prison ferme, 100 000 CFA d’amende. Et 2 000 000 FCFA de dommages et intérêts à verser au président du syndicat de bouchers. Après avoir purgé ces peines, Bako et son frère n’ont toujours pas accès à l’abattoir municipal de Bouaké.

Une situation qui devient de plus en plus pénible pour eux, puisque c’est grâce à cette activité qu’ils nourrissent leurs familles. Pour Bako, le président du Synabcb est derrière toute cette affaire. Puisqu’il l’a critiqué ouvertement pour sa gestion de l’abattoir. Pire, B.A est président du syndicat depuis 1982. Ce qui n’est pas normal, selon Bako.

Nous avons tenté de joindre en vain B.A, pour avoir sa version des faits. Toutefois, sur la note d’information signée par lui, il est mentionné que Bako Siaka et un certain D.M, par ailleurs 2ème vice-président du syndicat, incitent à la violence, à la diffamation et appellent certains bouchers à ne pas s’acquitter de leur impôts au titre de l’année 2014. Pour éviter le désordre au sein de la corporation qui pourrait entraîner des situations conflictuelles, le bureau exécutif a pris la décision de les suspendre de toute activité de boucherie jusqu’à nouvel ordre. Voilà pour sa position.

Adams T

 

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