06272022Headline:

Pèlerinage à la Mecque: voici comment se prépare certains africains malgré la hausse des coûts

Au Cameroun et au Sénégal, le coût du pèlerinage -annoncé pour le mois de juillet- interroge les candidats au voyage.

Au Cameroun, quelque 4 200 pèlerins sont attendus à La Mecque pour cette édition du hadj. Un chiffre trop optimiste, estiment les associations des pèlerins, en raison notamment du coût considéré comme élevé de ce pèlerinage : près de trois millions de FCFA à débourser par pèlerin pour un package comprenant entre autres le billet d’avion, l’hébergement et la restauration. Trop cher pour la plupart des candidats, rapporte notre correspondant à Douala, Polycarpe Essomba.

Dans cette agence d’une banque de Bonanjo, en plein cœur de Douala, les clients vont et viennent, mais aucun ou presque ne semble prêter attention aux informations relatives aux facilitations de règlement des conditions d’admission au pèlerinage affichées sur les murs. Un responsable de l’agence nous confie sous couvert d’anonymat que l’affluence en rapport avec le hadj est plutôt timide et pour lui la raison est toute trouvée : le coût jugé élevé de ce voyage.

Une situation que déplore Abdoulaziz Konaté, venu au renseignement mais bien décidé à faire le hadj : « Oui, j’irai cette année, bien évidemment, mais il ne s’agit pas que de moi. Là, nous parlons pour la communauté… »

En réponse à ces plaintes sur la cherté du hadj, le chef de l’État a finalement décidé d’une subvention d’un milliard de francs CFA au bénéfice des pèlerins. Une bonne chose admet Abdoulaziz, même si pour lui le problème n’est toujours pas résolu : « Après cette subvention, (le prix chute) à 2 900 000 francs, mais cela reste toujours hors de portée pour le pèlerin lambda. Celui-là qui s’est organisé depuis peut-être deux ans pour pouvoir effectuer son pèlerinage cette année… »

De 3 300 000 francs CFA environ à 2 924 000 après application de la subvention présidentielle, le prix du pèlerinage reste globalement perçu comme élevé par les pèlerins camerounais.

au Sénégal aussi, « beaucoup de regrets »
Au Sénégal, il fallait débourser 2,8 millions de francs CFA en 2018, ce montant passe à 4,2 millions cette année. Autre élément, conséquence de la pandémie : il faudra cette année avoir moins de 65 ans. Professeur d’anglais et imam à Louga au nord du Sénégal, Bachir Diop aide depuis près de dix ans les pèlerins dans l’organisation du hadj. Au micro de Guillaume Thibault de la rédaction Afrique, il regrette comme beaucoup de volontaires ces nouvelles contraintes.

« C’est difficile, mais c’est partout dans le monde, parce qu’également l’Arabie saoudite a ses règles. Nous n’y pouvons absolument rien. Les pèlerins eux-mêmes sont bien au courant parce que c’est eux qui donnent leur argent. Le coût est très élevé pour cette année-ci. C’est parce que le prix de l’avion est devenu très cher, les taxes saoudiennes très chères, les frais pour le séjour (au Mont Arafat), la restauration également a presque triplé. »

Quand on lui demande s’il a des regrets concernant l’organisation cette année du pèlerinage, par exemple sur la limité d’âge imposée… « Il n’y a que des regrets. Il y a beaucoup de regrets, répond Bachir Diop. La limite d’âge, vous savez, je ne sais pas pour les autres pays africains, mais ici, au Sénégal, on peut dire que presque 80% des pèlerins sont des personnes âgées. C’est pourquoi nous avons rejeté beaucoup de demandes cette année. Et nous formulons des prières à leur égard et demandons, n’est-ce pas, à leurs enfants qui souhaitent les emmener à La Mecque de patienter jusqu’à l’année prochaine. »

Melv

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