10242018Headline:

Laurent Gbagbo en prison en Côte d’Ivoire en cas de libération par la CPI; À quoi joue-t-on en Côte d’Ivoire ?

Laurent Gbagbo pourrait retourner en prison une fois en Côte d’Ivoire s’il venait à être libéré par la CPI. L’ancien chef de l’État ivoirien n’est pas concerné par l’ordonnance d’Amnistie prise par le président Alassane Ouattara qui a permis la relaxe de 800 personnes emprisonnées ou poursuivies pour des délits en lien avec la crise postélectorale de 2011.

À quoi joue-t-on en Côte d’Ivoire ? Le Président Alassane Ouattara, par souci d’apaisement, a pris une ordonnance d’Amnistie le 6 aout dernier. Celle-ci a permis la libération de près de 300 détenus et le retour en Côte d’Ivoire, sans risque de poursuite, d’environ près de 500 Ivoiriens exilés depuis la crise de 2011. Cette ordonnance d’Amnistie a permis la libération de M. Lida Kouassi, M. Assoa Adou et de Simone Ehivet Gbagbo, l’épouse du prisonnier de Scheveningen M. Laurent Gbagbo.

Alors que l’ordonnance d’Amnistie est prise pour la libération de toutes les personnes poursuivies pour des délits en lien avec la crise postélectorale de 2011, une disposition subtilement introduite dans celle-ci écarte le Président Laurent Gbagbo des rangs des personnes graciées.

Selon cette note, toutes les personnes «en procès devant une juridiction pénale internationale» ne sont pas concernées par cette ordonnance d’Amnistie. Le propos d’Alassane Ouattara était pourtant clair, son ordonnance concerne toutes les personnes détenues pour des délits en lien avec la crise postélectorale, à l’exception de la soixantaine de soldats incarcérés dans les prisons du pays.

Quoiqu’il arrive, cette disposition devrait difficilement s’appliquer au Président Laurent Gbagbo puisque les personnes condamnées comme lui à 20 ans de prison en Côte d’Ivoire, pour la soi-disant « casse » de la banque centrale lors de la crise de 2011, avaient été laissées en liberté.

Et à ce stade du processus de réconciliation, une éventuelle incarcération de Laurent Gbagbo à son retour de la CPI plongerait de nouveau le pays dans une crise semblable à celle de 2011. Il y a aussi le fait qu’une décision de justice de ce type ferait très mauvaise presse au Pdt Ouattara qui a déjà perdu le plus gros de ses alliés le PDCI et qui n’a plus le soutien total de l’ancien chef rebelle Guillaume Soro, ni de la France.

Il est clair que cette disposition a pour but de maintenir un moyen de pression sur l’ancien président ivoirien pour le tenir hors du pays en cas de sa libération. De gros doutes subsistent cependant sur son efficacité parce que Laurent Gbagbo a clairement l’intention de rentrer en Côte d’Ivoire à sa libération que tout le monde s’accorde à croire imminente. Cette conviction profonde est née de l’absence de preuves sérieuses de la CPI après l’audition de près de 80 témoins de l’accusation dans le procès contre Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé.

Laurent Gbagbo est détenu à La Haye depuis le 30 novembre 2011 sur la base d’accusations fantaisistes de crimes contre l’humanité.

L’affaire de la « casse » de la banque centrale
Le père du multipartisme en Côte d’Ivoire a été condamné à 20 ans de prison dans son pays pour une supposée « casse » de la banque centrale lors de la crise de 2011. L’ancien président ivoirien avait été déclaré élu à l’élection présidentielle de 2010 par la Cour Suprême de son pays, seul habilitée à décider de la question.

Alassane Ouattara qui était soutenu par la France a lui été déclaré élu par la Commission Electorale Indépendante dans des conditions invraisemblables. Youssouf BAKAYOKO, le président de la CEI, qui doit normalement donner les résultats provisoires, s’était déplacé au siège de campagne d’Alassane Ouattara pour y donner des résultats favorables au maître des lieux.

C’était le début de la crise postélectorale qui a fait plus de 3000 morts, selon les ONG accréditées en Côte d’Ivoire.

Pendant ce temps, Alassane Ouattara qui a été reconnu élu par la France puis par l’ONU récupérera la signature de la Côte d’Ivoire aux yeux des institutions internationales. Laurent Gbagbo, qui ne reconnait toujours pas sa victoire et qui invite toutes les télévisions du monde à venir compter les votes exprimés, continuera de gérer le pays.

Pour approvisionner les banques ivoiriennes en liquidité, la BCEAO ayant cessé d’approvisionner le pays sur décision de son rival Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo a donné l’ordre de forcer les caisses de cette banque centrale pour payer les salaires des fonctionnaires ivoiriens. C’est pour cette décision qu’il a été condamné à 20 ans de prison dans un procès à la qualité douteuse.

Côte d’Ivoire -Justice

Laurent Gbagbo ne pourra pas bénéficier de l’amnistie s’il revenait en Côte d’Ivoire après son acquittement à la cpi , il y’a une condamnation de 20 ans ferme qui l’attendrait…!

Discrètement insérée dans l’ordonnance d’amnistie qu’a signée Alassane Ouattara le 6 août, une petite phrase précise que les personnes « en procès devant une juridiction pénale internationale » seront exclues de cette mesure de clémence. Ce qui empêche donc Laurent Gbagbo d’en bénéficier

afrique-sur7.fr

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