01212017Headline:

VIDEO –Essy Amara crache ses vérités au regime et parle du projet qui lui tient à cœur pour la Côte-d’Ivoire- Ecoutez!

En attendant le verdict du Conseil constitutionnel – Essy Amara fait le grand déballage et lance des piques à Ouattara:

« Quand on veut la paix, il faut laisser tomber l’orgueil et les honneurs »

Pour sa première grande conférence de presse en sa résidence de Cocody-Les-Deux-Plateaux, Essy Amara a été, une fois n’est pas coutume, prolixe, n’esquivant aucune question. A l’instar de plusieurs formations de l’opposition dont la CNC, il a rejeté l’ossature actuelle de la CEI et du conseil constitutionnel, deux entités qu’il trouve déséquilibrées du fait de la proximité de leurs membres avec le pouvoir actuel. C’est pourquoi Essy Amara qui trouve que des réglages sont nécessaires au nom de la paix, n’a pas apprécié la tonalité du discours du chef de l’Etat qui, lors de la rentrée gouvernementale a, en des mots voilés, rejeté la demande de dialogue de la CNC. Répondant à la question d’un journaliste sur cette posture du président sortant, M. Essy s’est voulu pédagogue en lançant ceci au chef de l’exécutif Alassane Ouattara : ‘’j’ai un recul avec le pouvoir. Dans ma carrière j’ai vu et j’ai eu à travailler avec des présidents puissants comme Kadhafi (Libye), Hosni Moubarak (Egypte), Ben Ali (Tunisie). Mais quand j’ai vu Ben Ali en exil, Kadhafi pleurer et demander pardon, Moubarak en prison, je me dis que le pouvoir est une illusion. (…) Quand on veut la paix, il faut laisser tomber l’orgueil et les honneurs, c’est ce qui est important’’.

Bien avant, dans son propos liminaire, Essy Amara a insisté pour que la constitution soit respectée en Côte d’Ivoire pour éviter d’exposer le pays à des troubles comme on l’a vu au Burkina.

‘’Il n’existe pas d’autre voie que le respect de la constitution’’
‘’Il n’existe pas d’autre voie que le respect de la constitution et l’affirmation de son primat sur les lois et règlements. (…) tant qu’une loi n’est pas amendée ou abrogée, elle doit s’appliquer à tous et pour tous. Les dispositions de l’article 35 de notre constitution restent valables’’, a tranché le candidat déclaré.

Sur son état de santé

Autre sujet de préoccupation, les journalistes ont voulu savoir davantage sur la santé du candidat vu qu’il n’est visiblement pas au point au plan physique. Le conférencier a répondu sans sourciller qu’à plus de 50 ans tous les candidats sont de potentiels malades. M. Essy a par la suite expliqué qu’il a des ‘’problèmes mécaniques’’ à cause de deux terribles accidents qu’il a subis dans sa vie de diplomate. D’abord en Sierra Leone, en pleine guerre civile. Parti chercher Fode Sankoh avec le chef d’état-major des forces de l’Ecomog, ils furent encerclés par des combattants armés. Il dut son salut à une chute du char qu’il occupait dans un ravin d’environ 150 m. Les autres occupants sont paralysés à vie mais lui, s’en est sorti avec bien de traumatismes. le deuxième événement malheureux est l’accident qu’il a eu en Angola dans le fief de Jonas Savimbi. Dans ce pays, son véhicule a sauté sur une mine anti personnelle. Là encore il a eu de la veine. De ces événements malheureux de sa vie, il se retrouve aujourd’hui avec des « problèmes mécaniques », selon ses propres termes. A part cela, rassure-t-il, il jouit d’un bon état de santé.

Son projet qui lui tient à cœur

Les opposants à Ouattara sont souvent raillés de ne pas avoir ni vision, ni projet pour la Côte d’Ivoire. Essy Amara s’en défend et dit attendre l’arrêt du conseil constitutionnel pour présenter, dans son intégralité, son ambition pour la Côte d’Ivoire. Pour l’heure, Essy Amara place au cœur de cette ambition pour son pays, ‘’l’aménagement du territoire’’. Un vaste programme qui, dit-il, sans commune mesure avec le programme de décentralisation intéressé actuellement en vigueur. Il entrevoit la création de provinces sur la base d’une loi organique de sorte que le découpage administratif du pays ne change pas au gré des humeurs du dirigeant en place. Ces entités, ajoute-t-il, devraient être dotées de parlements locaux et d’un exécutif pour donner plus de pouvoir à la démocratie locale. A côté de cela, Essy Amara se propose de réaliser le cadastre de toute la Côte d’Ivoire. Un programme ambitieux qui, dit-il, avec les ressources qu’il va générer, permettrait au pays de ne même plus à recourir à l’aide extérieure pour son développement. En fixant un tarif à l’hectare à partir de ce plan cadastral, ce sont des milliards qui rentreraient ainsi dans les caisses de l’Etat, explique-t-il. Pour cet ami de Sergei Lavrov, ministre russe des affaires étrangères, le développement doit reposer sur la méritocratie à l’instar des pays d’Asie du sud-est, le Singapour, le Vietnam notamment, des modèles de développement qui le séduisent d’autant plus que ces pays étaient au même niveau de développement que la Côte d’Ivoire dans les années 60.

A ceux qui estiment qu’il n’y a que Ouattara qui a des relations dans ce monde, l’ancien ministre des affaires étrangères d’Houphouët a fait cette petite démonstration de sa connaissance du monde : ‘’J’ai ma photo à Addis Abbeba au siège de l’Union africaine, j’ai ma photo à New York au siège de l’Onu, j’ai ma photo à San Francisco, là où a été signée la charte des Nations Unies puisque j’étais le président des festivités du 50e anniversaire, j’ai ma photo à Bandoeng en Indonésie au siège des Non-alignés. Mais ce n’est pas tant ma photo qui est importante mais l’inscription « Essy Amara from Ivory Coast »’’. Ceci pour dire que de tout temps, il a d’abord mis en avant les intérêts de son pays que sa propre personne. ‘’Je suis fier de ce que j’ai fait pour mon pays’’, a-t-il lancé.

L’ex-diplomate Essy Amara appelle au « respect » de la Constitution

Par Edwige Fiendé

L’ex-diplomate ivoirien Essy Amara, candidat à la présidentielle d’octobre contre l’actuel chef de l’Etat Alassane Ouattara a appelé vendredi « au respect de l’article 35 » de la constitution fixant les conditions d’éligibilité du président de la République, souhaitant que « la loi s’applique à tous » les prétendants.

« La constitution doit s’appliquer intégralement », a soutenu, Essy Amara cadre du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, allié au pouvoir), ajoutant que « tant qu’une loi n’est pas abrogée, elle doit s’appliquer à tous » et que « les dispositions de l’article 35 restent valables » en 2015.

L’opposition ivoirienne conteste l’éligibilité d’Alassane Ouattara dont la candidature « n’était valable qu’en 2010 ».

M. Ouattara a été élu à la présidentielle de 2010 après avoir été autorisé à être candidat par des arrangements politiques. Sa candidature avait été rejetée pour « nationalité douteuse » une première fois au scrutin de 2000 par la Cour suprême.

L’article 35 de la Constitution ivoirienne impose aux candidats à l’élection présidentielle d’être d’origine ivoirienne et de ne s’être jamais prévalu d’une autre nationalité.

« C’est à contre-cœur que je suis candidat », a regretté M. Essy, dénonçant un processus électoral porteur « de plusieurs anomalies » et une Commission électorale indépendante (CEI) « déséquilibrée » au profit du président sortant.

« Avec 13 voix délibératives sur 17 », pour le pouvoir, la CEI, chargée d’organiser le scrutin prévu le 25 octobre « est totalement déséquilibrée et « ses critères de composition sont établis sur une base partisane », a-t-il souligné.

L’opposition ivoirienne dénonce régulièrement la reconduction de Youssouf Bakayoko, à la tête de la CEI qui a été selon M. Essy « l’épicentre de tous les maux » en 2010, en allusion à la crise post-électorale qui a fait officiellement plus de 3.000 morts.

Mercredi, le gouvernement ivoirien a expliqué que la composition de la CEI « n’est plus un sujet discutable.

Essy Amara qui a déjà « des représentants dans toutes les localités » de la Côte d’Ivoire « attend la validation » de sa candidature par le Conseil constitutionnel dont « l’impartialité est contestable » pour entrer en campagne.

M.Essy est l’un des cadres du PDCI qui ont annoncé leurs candidatures à la présidentielle en dépit de l’appel de leur leader, Henri Konan Bédié à soutenir Alassane Ouattara.

EFI

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